mardi 19 septembre 2017

Les malheurs des enfants d'aujourd'hui

Tout à l'heure, je suis tombée sur un article qui parlait des dangers qui guettent les enfants d'aujourd'hui. 

J'ai commencé à le lire, et je n'ai pas du tout aimé le ton. 

Bien qu'il mette en garde contre des pièges qu'il serait bon d'éviter. 

Nos enfants sont trop tôt et trop longtemps confrontés aux écrans, ils ont besoin de grand air, de jeux en famille, de participer aux tâches de la vie quotidienne avec nous. Ils ont besoin de créer de leurs mains. 

Nos enfants apprécient facilement la nourriture industrielle et tombent dans le panneau d'un packaging attrayant, alors qu'ils devraient manger davantage de fait-maison et cuisiner avec nous, ainsi nous pouvons leur transmettre les principes de diététique de base, ainsi que des connaissances de recette pour ne pas être affamés quand un jour, ils vivront seuls ! 

Nos enfants n'ont pas assez souvent notre attention exclusive, et non, nous aussi nous sommes occupés à mille choses et surtout devant trop d'écrans aussi. 

Sur facebook circulait une petite histoire d'une instit qui avait demandé aux enfants d'écrire une rédaction pour expliquer quel est leur plus grand souhait. Un enfant avait écrit qu'il rêvait d'être un smartphone, parce que le smartphone recevait bien plus d'attention de la part de ses parents que lui !

Cette anecdote est là pour nous rappeler que le temps passé avec nos enfants devrait aussi régulièrement être du temps de qualité, où ils reçoivent notre attention exclusive, cette attention qui remplit leur réservoir affectif et nourrit la complicité, la joie ! 

Une autre vidéo demandait aux enfants ce qu'ils voulaient recevoir comme cadeau, la majorité des enfants n'ont pas demandé de nouveaux jouets coûteux, ils ont demandé du temps en famille ! 

J'aime le proverbe qui dit que "nos enfants sont nos maîtres", maîtres en sagesse, ils sont plus proches du sens de la vie que nous le sommes, ils sentent ce qui est le plus important, et ça ne s'achète pas ! 

Cela ne sert à rien de culpabiliser les parents avec tout ce qu'ils font de mal parce qu'ils sont trop épuisés, occupés, et parfois même dépassés. 

Les parents ont beaucoup sur leurs épaules car la société ne leur facilite pas la vie. Alors si vous voyez un gosse devant un écran, ou un parent en train de hurler, au lieu de juger, offrez un peu d'empathie, quelques heures de baby-sitting ... c'est ce dont ils ont besoin, car aussi imparfaits qu'ils soient, la majorité des parents font de leur mieux, et préfèreraient ne pas utiliser de dessins animés ou de plats préparés !  

Pourquoi je n'en peux plus des jobs "alimentaires"


En revenant sur mon blog, je n'avais pas dans l'idée d'écrire sur le travail, mais bien sur la parentalité. 

Reste que le dernier article publié m'impose d'écrire celui-ci, avant de passer à autre chose. 

J'avais donc repris le travail fin mars. Puis j'ai encore eu 15 jours de vacances de Pâques avec mon fils avant de trouver une mission d'intérim plus longue. 

C'était une mission temps plein, dans le businesscredit center d'une banque, bien payé, pas trop loin de chez moi et avec des collègues sympas. 

Pourtant, je n'aurais pas du accepter cette mission. Et ce pour plusieurs raisons, que j'identifie maintenant avec clarté. 

La première c'est qu'un temps plein, en ce moment, c'est trop pour moi. J'ai besoin de temps pour ma thérapie, pour réfléchir, me centrer, et me reposer. 8h par jour au boulot plus les trajets, ça m'oblige à courir constamment, mon fils a de longues journées, ce n'est pas vivre ça, c'est une course contre la montre, métro - boulot - dodo. Ca ne me nourrit pas, ça m'épuise. 

La deuxième, un job hyper sédentaire, ben oui quand on dispatch des e-mails toutes les journées, on n'a pas beaucoup de raisons de se lever, de marcher, de bouger un peu ... ce n'est définitivement plus pour moi non plus. Depuis presqu'un mois que cette mission s'est achevée, à raison d'une séance par semaine, ma kiné n'a pas encore réussi à m'enlever tous le stress qui partait de ma main droite pour monter jusqu'à mon épaule ! Affligeant non ? 

La troisième, accepter un job très répétitif et un peu ennuyeux simplement parce que c'est dans mes possibilités, et que mon expérience professionnelle et mon diplôme m'offrent ce genre de perspectives, cela ne me permet pas de trouver la motivation de me lever le matin suffisamment tôt, suffisamment longtemps pour que mon patron soit satisfait. 

Je ne suis pas en train de dire que je n'accepterai jamais plus rien d'autre que le job de mes rêves. Et à vrai dire, je ne sais pas exactement ce que c'est le job de mes rêves. Par contre, je sais au moins ce que je ne veux plus ! 

C'est déjà cela. Il y a quelques temps, j'avais retrouvé un petit questionnaire facebook qui me demandait, si vous pouviez faire le job de vos rêves, quel serait-il ? Et j'avais répondu que si je pouvais faire ce que je voulais, j'essayerais différentes choses, jusqu'à trouver ce qui me correspond vraiment, et certainement que ce serait plusieurs métiers différents, et pas un seul ! 

Je sais aujourd'hui, que j'ai besoin d'une activité qui me permet de rendre le monde meilleur, et que je n'aime pas la sédentarité, c'est mauvais pour moi. Quand je regarde le travail de Marshall Rosemberg, le père de la communication non violente, et l'aide qu'il a apportée partout dans le monde, en accompagnant des ennemis à se comprendre et à se rapprocher pour faire éclore la paix, cela me fait vraiment envie. 


mercredi 22 mars 2017

Reprendre le chemin du travail


Aujourd'hui, je reprends le travail, que j'avais laissé de côté depuis un peu plus d'un an.

Et je dois dire que ce matin, je me sentais légère, heureuse, impatiente, presque euphorique.

Le ciel était bleu, j'avais commencé en musique avec Shape on you d'Ed Sheeran, la journée s'annonçait très bien.

Jusqu'à ce que j'arrive à la gare de Bruxelles Midi, et que je vois les militaires. Là tout d'un coup, je me suis rappelé qu'on était le 22 mars, et que le monde avait changé, mon monde, ma ville. 

Cela ne change rien au fait que je suis contente de reprendre le travail, même si ce n'est que pour, a priori, 3 jours d'intérim. Mais je n'ai pas trop envie de rester longtemps sur Bruxelles. 

Ici c'est vrai, c'est décentré, et je traverse un parc pour arriver, l'ambiance est détendue. 

Pourtant, les militaires dans les rues, non vraiment, cela me plombe le moral, et bien entendu, cela ne sert à rien, j'ai entendu un colonel le dire aux infos. 

Aujourd'hui, c'est pour moi l'heure du bilan. Qui suis-je après l'épisode burn-out ?

Et bien je suis plutôt contente de qui je deviens, une femme connectée à elle-même, qui a toujours envie d'être dans les relations, mais qui n'en a plus un besoin viscéral. 
Quelqu'un qui aime mieux, qui s'aime mieux elle-même, qui tente de faire le deuil de ce qu'elle n'a pas reçu enfant, et de se l'offrir à elle-même, vu qu'elle a pris conscience qu'elle est capable de donner à son fils, ce qu'elle n'a pas reçu. Et ca me rend fière, fière de faire mieux, pas pour me sentir supérieure, mais pour sentir que j'avance, que je romps la chaine de la souffrance et ça, ça me remplit de joie. 

Donc je suis davantage moi-même, plus construite à l'intérieur, plus équilibrée, plus ancrée. Le travail n'est pas encore achevé, bien sûr, il y aura encore des étapes à franchir, mais je sais que j'avance dans le bon chemin, mon chemin, celui que je ressens, celui que je choisis, pas celui sur lequel autrui voudrait que j'aille. Donc je me sens légère et joyeuse. 

La reprise du travail intervient dans la même logique, au moment opportun, au moment où j'étais prête, pas au moment où le médecin conseil de la mutuelle a décidé que je devrais. 




samedi 18 mars 2017

Formations à l'Université de Paix


L'université de paix est une association fondée par Dominique Pire, celui qui a aussi inventé les îles de Paix. 




Elle propose de nombreuses formations axées sur la communication, la médiation, la gestion des émotions. Notamment le programme "Graines de médiateurs" à destination des enfants de primaire.

Cela faisait déjà longtemps que je souhaitais suivre des formations chez eux.

En janvier 2017, j'ai enfin franchi le pas. 

Le premier module de 2 jours que j'ai suivi s'intitule : Comprendre et Expérimenter les attitudes en conflit. 

Pour quelqu'un comme moi, qui a grandi au milieu d'un conflit parental insoluble, les échanges entre participantes, ainsi que les grilles d'analyse fournies par la formatrice étaient vraiment éclairants. 

Comme je le sentais sans y mettre de mots, le conflit est à la fois un risque (de briser la relation) et une opportunité (de grandir, de s'affirmer, de consolider le lien). 

Tout dépend de la façon dont on parvient à le gérer.

Il y a principalement 5 Attitudes en conflit, aucune n'est bonne au mauvaise, chacune a son utilité, et bien souvent à travers un même conflit, on tentera les différentes attitudes,  jusqu'à trouver celle qui rencontre le mieux nos objectifs du moment : obtenir ce que l'on veut ou renforcer la relation. 

Ces attitudes peuvent être placée sur un graphique avec deux axes, l'axe de la relation celui de notre objectif. 



La collaboration, en plus de nécessiter du temps, demande le concours des deux parties, ce qui n'est pas toujours simple à obtenir. 

Le repli peut être nécessaire pour prendre du recul, éclaircir la situation et envisager les différentes possibilités, retrouver son calme et ainsi être dans de meilleures conditions pour rentrer à nouveau dans le conflit. 

L'accommodation finit par générer des frustrations s'il s'agit d'une attitude automatique et récurrente, ce qui au final peut gangrener une relation, alors qu'on cherche à la préserver. 

La compétition risque d'abîmer une relation, pourtant elle est parfois la seule option lorsque l'urgence ou l'importance de l'objectif la réclame. 

Enfin, le compromis est l'attitude la plus sensée quand obtenir un accord, même mauvais, est mieux que de rester bloqué dans une impasse. 

J'ai vraiment trouvé très utile cette grille d'analyse, justement pour nous pousser à adopter des attitudes autres que celles qu'on privilégie habituellement. Et c'est d'ailleurs très déstabilisant pour l'entourage, qui s'attend à une réponse identique. 

Mon fils de 4 ans s'est retrouvé tout à fait perdu quand j'ai lâcher prise dans l'accommodation, alors qu'il s'attendait à ce que je rentre dans une opposition farouche ... il s'est trouvé tellement déstabilisé qu'au final j'ai obtenu ce que je souhaitais mais sans bras de fer et sans éclats de voix. C'était grisant de sortir d'un reflex automatique, pour entrer dans un champ d'expérimentation. 

Ce sont les exercices de drill pendant la formation qui nous ont permis de reconditionner notre cerveau à cette forme d'analyse. Cette formation était vraiment concrète et le dosage entre la théorie et la pratique était parfait. 

J'ai aussi pu bénéficier de l'ambiance bienveillante du groupe, c'était un vrai cadeau, pour nous toutes. 

Pour terminer, la technique de l'intervision est une méthode dont je me souviendrai, la prochaine fois qu'un gros conflit, vraiment épineux se présentera à moi. 

Le deuxième module que j'ai suivi était une Introduction à la Communication non Violente. 

C'était également au module auquel je m'étais déjà inscrite, en étant obligée d'annuler au dernier moment. Là aussi, j'ai eu le privilège de faire partie d'un groupe profondément bienveillant, avec des formateurs formidables. 

Je m'intéressais à cette forme de communication depuis plusieurs années, donc la partie théorique n'avait que peu de secrets pour moi. Par contre, les échanges et les exercices étaient extrêmement profitables. Ils m'ont fait comprendre à quel point changer de façon de communiquer est un exercice qui demande de la concentration, et des tâtonnements, au début, quand on commence, on a besoin de faire ses gammes. 

Par bonheur, mon mari avait accepté de faire également ce module, 2 semaines avant moi, avec les mêmes formateurs. Cela nous a vraiment rapproché, aussi grâce au fait qu'en formation, il a pu dialogué avec une femme dont le parcours présentait de nombreuses similitudes avec le mien. 

J'engage toutes les personnes motivées pour avoir de meilleures relations dans leur vie à s'initier à la communication non violente, c'est un outil de connexion à soi et aux autres très puissant, qui pour moi, pourrait réellement réenchanter le monde, et bâtir une société pacifique. 


Marshall Rosemberg est décédé il y a déjà plusieurs années, cependant cet outil qu'il nous a laissé lui survivra, à nous tous de l'utiliser à bon escient. 



lundi 9 janvier 2017

Adopter une posture d'observateur pour tenir son ego en respect


J'ai découvert récemment un nouveau blog "Heureux dans sa vie" qui proposait un article qui m'a vivement intéressée : 

comment-prendre-conscience-de-son-ego-et-de-son-etre

Ce fameux mot "ego", je l'avais déjà rencontré à plusieurs reprises dans mes lectures, et je me demandais ce qu'il signifiait réellement. L'article de ce blog est assez détaillé à ce sujet. 

J'ai d'ailleurs aussi grandement apprécié un 2e article : 

3-habitudes-pour-etre-plus-heureux-au-quotidien

Je ne vais pas vous copier/coller le contenu de ces articles, vous irez les lire si ils vous intéressent. 

Je voulais surtout partager ce que j'en garde, ce qui a attiré mon attention. 

On a tous une petite voix intérieure qui malheureusement est plus souvent là pour nous "casser", nous décourager, nous juger, être dure avec nous, apparemment, c'est ça, notre ego, la part de nous qui a peur, qui rentre dans des colères noires, c'est en fait, notre part blessée et souffrante qu'on a refusé d'écouter, de soigner. 

Ca m'a vraiment fait penser à l'enfant intérieur dont parle Thich Nhat Hanh, peut-être que je me trompe. 

Pourtant, il donne des clés similaires à celles proposées dans ces articles : adopter une posture d'observateur : de nos pensées, de nos émotions, de nos ressentis, de nos actes, afin de prendre du recul et ainsi ne plus être dans la réaction automatique mais dans l'action consciente, adéquate, juste et motivée par la compassion et la bienveillance. 



La part souffrante en nous a besoin d'être reconnue et considérée, quand on se sent compris et accepté, réellement entendu, on souffre déjà moins. 

La question que je me pose aujourd'hui c'est pourquoi est-ce plus facile pour moi d'écouter, être en empathie, rassurer, soutenir mon enfant, plutôt que de m'offrir ces choses à moi-même ? 

Quand mon enfant est débordé par ses émotions, souvent (pas toujours) je trouve en moi la compassion et le calme nécessaire pour l'aider à traverser tristesse, douleur et colère et pourtant quand moi-même je suis débordée par mes émotions, je ressens viscéralement le besoin de quelqu'un d'autre que moi pour me rassurer, compatir ... et si je ne le trouve pas, je finis bien sûr par me calmer, mais en me sentant tellement vide, tellement seule et vulnérable ... 

C'est un mystère pour moi ... comment est-ce possible de donner à autrui ce qu'on ne parvient pas à se donner à soi-même ... si vous avez des pistes, je suis preneuse. 

Il est vrai que la maternité est un tel bouleversement, qu'elle nous donne parfois une force et une audace de faire pour nos enfants des choses dont on se croit incapable et qu'on ne ferait pas pour nous-même ... j'imagine qu'il y a là-dedans un genre d'instinct de préservation de l'espèce à travers notre progéniture, seulement à mon sens, il y plus que cela. 

Au final, plus les choses tournent dans ma tête en écrivant, plus j'en arrive encore à la même conclusion : j'aime mon fils plus que je m'aime moi-même, inconsciemment, à mes yeux il est plus digne que moi (il mérite plus que moi) de recevoir soutien et compassion. 
Et puis nécessité fait loi, si je ne lui apporte pas soutien et compassion pour traverser ses émotions désagréables, personne ne le fera, il en a un besoin vital, donc je donne, quitte à puiser profondément dans mes ressources, quitte à ce que cela finisse par m'épuiser, parce que je suis comme ça, formatée à essayer de combler les besoins des gens que j'aime ... dans l'espoir (inconscient) qu'ils me donnent l'amour dont j'ai moi aussi tant besoin et que je ne parviens pas à me donner à moi-même. 
Et les enfants ont cette générosité, cette spontanéité d'aimer leurs parents de façon inconditionnelle, du moins quand ils sont petits ! 
C'est une bonne chose, seulement ça ne règle pas mon problème, parce que mon fils, je l'élève pour qu'il soit autonome, épanoui et construise sa propre vie, pas pour qu'il soit une béquille dans la mienne.