jeudi 17 mars 2016

Quand trop c'est trop

Le monde d'aujourd'hui demande beaucoup trop de nous. Il faut être sur tous les plans, et pas seulement y être, il faut être douée : comme mère, comme femme, comme employée ... 

Tout va toujours de plus en plus vite, on exige toujours plus de nous avec moins de moyens pour y arriver, plus d'obstacles, moins de soutien, moins de compréhension, moins de patience. 

Donc au bout d'un moment, trop c'est trop. 




Il parait que notre génération, la génération Y, est aussi la génération burn-out. 

Et ce n'est pas étonnant, nos parents nous ont permis et parfois poussé, à faire des études, à leur époque, c'était le sésame pour une vie toute tracée : 40 ans dans la même boîte à gravir les échelons années après années, avec le salaire qui augmente aussi. 

Aujourd'hui, si on a fait des études un peu trop longues, c'est plutôt un handicap sur le marché du travail. Et si on a un travail, il y a beaucoup de chance pour qu'on ne soit pas payé ce qu'on mérite, ou qu'on ait aucune sécurité d'emploi. L'ère d'aujourd'hui est une ère d'emplois précaires. On sait aujourd'hui qu'on fera plusieurs boîtes dans sa carrière, peut être aussi qu'on tentera une expérience en tant qu'entrepreneur. 

Parce qu'en dehors de la génération "burn-out", on est aussi la génération qui réfléchit à ses valeurs, on y est forcé car la planète est en danger, notre mode de vie nous rend malade. Ceux qui ne passent pas par la case "burn-out", prennent un jour une décision courageuse : ils changent de vie, ils décident souvent de gagner moins, pour avoir une vie qui a plus de sens, qui est plus en accord avec leurs valeurs. 

Voilà où on en est, prendre un jour un virage à 180° ou ne plus parvenir à faire face et avoir besoin de repos, de soutien, de joie de vivre. 

Voilà où j'en suis aujourd'hui, il n'y a que quelques jours, je me sentais vide, tellement vide, perdue, incompétente, épuisée, cassée, sans entrain, sans joie, sans espoir. 

J'ai vu un nouveau médecin, bienveillante et surtout perspicace, elle a mesuré l'ampleur de mon mal être, alors qu'elle me rencontrait pour la première fois. 

Parce que quand on va trop mal, un médecin qui vous conseille de ... ce n'est pas suffisant, il faut quelqu'un qui vous ouvre les yeux, vous donne des mesures pratiques et concrètes à prendre, et va vous suivre. 

Et finalement avoir pour seule mission de "se faire plaisir", "prendre soin de soi", c'est très agréable, la vie devrait être tout le temps comme ça. 

N'avoir le temps que de "gagner sa vie" et s'occuper de son fils, de sa maison, sans prendre le temps de s'occuper de soi, ce n'est pas une vie, c'est juste de la survie, et à force d'essayer de survivre, on finit par s'épuiser, car sans carburant, aucun moteur ne peut fonctionner très longtemps. 

Je voudrais travailler moins, et surtout je voudrais une activité professionnelle qui me nourrit au lieu de m'épuiser ! Et là, dans les circonstances actuelles, ce n'est pas gagné ! 

Je crois que moi-aussi j'ai besoin d'un virage à 180°, besoin de me trouver, trouver ce pourquoi je suis vraiment douée et qui m'épanouit. 
Gagner sa vie, ce n'est pas vivre, ça ne vous donne pas l'énergie de vous lever le matin ... 

Non il faut faire de sa vie quelque chose qui a du sens pour soi, qui est en accord avec ses valeurs profondes, et surtout, il faudrait pouvoir le faire au rythme qui nous convient, sans stress, sans horaires stricts, sans pressions ... 

Certains me diront que ce que je voudrais est un idéal inaccessible... je ne sais pas pourquoi, mais j'ai toujours été optimiste, je suis quelqu'un qui peut espérer longtemps, je crois que si l'espoir s'éteint complètement, ce n'est pas possible de continuer à avancer. 

Espérons, cherchons, prenons le temps de savourer, et nul doute que des jours plus doux sont à venir. 


1 commentaire:

  1. En me relisant, je me dis que le problème n'est peut être pas tant l'activité professionnelle en elle-même, mais comment je me sens quand je la fais ... c'est avec moi-même le problème avant tout ...

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