vendredi 11 décembre 2015

Protéger les enfants de la peur ?

J'ai pris un peu de temps avant d'aborder le sujet des "événements" du 13 novembre à Paris. 

Je voulais éviter d'écrire sur mon blog à chaud sur ce sujet. L'expérience m'a montré que certaines personnes frustrées aiment à interpréter les choses sans se demander une seule seconde si c'est bien ce que l'auteur d'un post a voulu dire. 

Pour ma part, protéger mon fils du climat délétère ne fut même pas difficile, je n'avais pas peur, l'équipe éducative de son école n'avait pas peur ... personne ne paniquait autour de lui, donc je crois qu'il n'a pas non plus eu peur. 

La seule chose est que lorsqu'il s'est réveillé le dimanche matin, j'étais en larmes devant les infos parce que je connais beaucoup de gens à Paris, et au fur et à mesure que les nouvelles de chacun se disant en sécurité me parvenaient, je suis passée à autre chose. 




Pour moi, ce n'était finalement qu'un fait divers atroce parmi tant d'autres. Et croyez-moi, il se produit des tas de choses semblables, partout dans le monde et on n'en fait pas pas autant de publicité !!! Alors quoi, la douleur a-t-elle une couleur ? La souffrance d'une personne n'est-elle pas aussi inacceptable que celle d'une autre, indépendamment du lieu où elle est née ? 


Sauf que beaucoup de gens n'ont pas du tout vu les choses comme moi, tout cela est monté en épingle et très vite, notre Bruxelles s'est vu envahie par des militaires, des patrouilles de police ... 

Et j'ai trouvé cela délétère, et même plus que ça, voir des militaires dans ma station de métro, j'ai trouvé ça irritant !

Oui oui, on sait payer des plantons qui ont tout juste l'air d'êtres sortis des jupes de leur mère, par contre, les escalators eux ne roulaient pas ! 

Et les gens y vont de leurs mines apeurées en discours de repli sur soi ... on rase les murs ... 

Et pendant ce temps-là, trop peu de gens pour réfléchir aux problèmes de fond : 

- quelle place faisons-nous aux étrangers dans nos pays occidentaux ? 
- quel sentiment d'impunité donnons-nous aux criminels ? 
- comment laissons-nous certaines minorités profiter de nos libertés pour porter atteinte à celles d'autrui ? 
- comment réglons-nous nos conflits et quel exemple donnons-nous à nos enfants sous ce rapport ? 
- quel soin prenons-nous de notre personne intérieure, de nos émotions, de nos traumatismes ? 

Les mesures "sécuritaires" d'un état policier ne nous rendront pas la vie plus belle. 

Le changement, il passe par chacun, non pas en allant voter pour des pantins, mais en prenant soin de nous, en étant solidaires, en consommant de façon responsable et consciente, en éduquant nos enfants dans la bienveillance, en résolvant nos conflits sans perdants et sans violence ... 

Le changement passe par l'éducation, la conscience et le soin, et par nul part ailleurs !