lundi 27 avril 2015

L'apprentissage de l'usage des toilettes


Oui je sais, habituellement, on dit "apprentissage de la propreté". Mais je trouve cette expression très mal trouvée !

En fait, ce sont nous les adultes qui apprenons aux bébés à se faire dessus dans leur couche ! A moins de pratiquer l'hygiène naturelle infantile, c'est à dire le "sans couche", nous leur apprenons à faire dans leur couche. 

Et puis un beau jour, on en a assez de payer des tonnes de langes pas écolos du tout et on veut qu'ils aillent sur le pot ! 

Et ce n'est pas automatique, le mien, cela fait plusieurs mois qu'on lui montre, qu'on lui propose, qu'on lui en parle ... il n'anticipe toujours pas vraiment ! Donc il fait, là où il est, debout, et de préférence sur sa petite table ... Il trouve ça drôle de voir quelque chose sortir de lui ! 

A la crèche, c'est différent, il y a l'exemple des autres, alors il va sur les toilettes ! C'est quand même plus sympa pour l'adulte, rien à nettoyer ! 



Je pense que la HNI demande pas mal d'attention au début, mais après, cela fait faire de sérieuses économies ! Et puis, ça rend l'enfant assez vite autonome, dès qu'il marche, il peut aller lui même sur le pot. 

Nous sommes tellement sclérosés dans nos habitudes, les choses qu'on a toujours vues autour de nous, nos obligations, nos contraintes, que nous faisons prendre des habitudes à nos enfants, pour qu'ils finissent par devoir les perdre un jour ... faire et défaire c'est toujours travailler dira-t-on, mais détricoter tout ce qu'on a tricoté, ça n'a rien de très efficace, très valorisant ou très utile !

Donc voilà, je ne pense pas pratiquer un jour l'HNI avec un prochain enfant, par contre, j'envisage sérieusement les couches lavables, et je l'aurais fait avec le premier, si j'avais eu la place pour un sèche linge ! 

Pour ce qui est du pot, j'espère qu'il comprendra vite, ça commence à me casser les pieds de devoir le suivre avec une serpillière, surtout qu'à la crèche, il va aux toilettes !  

Et puis quand ce sera en place, si cela arrive rapidement, je me reposerai la question de l'école, je n'étais pas pour qu'il y entre à 2 ans et demi ... et là encore, j'hésite. Car si il va à l'école en ce mois de mai, et bien il faudra que je le garde, ou trouve des stages pour tout l'été ! Parce qu'il ne pourra pas retourner à la crèche ... et ça ... je ne sais pas encore trop comment l'organiser ! 





dimanche 19 avril 2015

Mon aventure de formation Montessori - chapter 1


Comme je l'avais dit dans un précédent post, je m'étais inscrite au premier module de la formation Montessori 3-6 ans à l'école de Laurence Randoux à Lasne (Belgique). 

Cette formation fut pour moi l'occasion d'une prise de conscience assez fondamentale. Changer de regard sur l'enfant, et adopter le regard de Maria Montessori est un long chemin. Il faut plus que lire des ouvrages et s'impliquer dans des formations pour cela. 

Les maitres mots du début de la formation étaient : "faire confiance à l'enfant" et "observer sans intervenir". 
Cela demande beaucoup de maîtrise aux adultes que nous sommes, cela parce que nous avons été drillés à croire que nous savons mieux que l'enfant ce qui est bon pour lui et ce dont il a besoin. La plupart du temps, c'est faux. Nous devons plutôt le laisser être notre guide, car il a beaucoup à nous apprendre. 

Notre rôle, en tant qu'éducateur montessorien, est de lui préparer soigneusement l'environnement qui favorisera son épanouissement et lui fournira la nourriture spirituelle dont il a besoin pour devenir un être pensant et libre. L'éducateur montessorien a un rôle presque invisible si on mettait une caméra dans sa classe, et pourtant son rôle est très exigeant. Savoir précisément où en est chaque enfant dans ses apprentissages, savoir quels sont ses points de difficulté au niveau de la gestion des émotions, des relations, et le rejoindre là où il est pour l'amener à révéler et prendre conscience du meilleur de lui, ce n'est pas une mince affaire.

Cela demande à l'adulte une grande disponibilité, une très grande qualité d'être, de présence, être patient, humble, ouvert ; ne jamais juger. 

La plupart d'entre nous ne sont pas préparés à un tel savoir-être. Ce pourquoi la route est longue. Et en même temps, ce n'est pas grave, nos enfants arrivent dans nos vies pour nous faire grandir, peu importe le temps que nous prenons, l'important est de choisir un chemin adéquat. 

Et pour moi, Maria Montessori donne des éléments fondamentaux pour s'orienter dans la jungle des idées sur l'éducation et l'instruction. Son approche repose sur un énorme respect pour l'enfant et suppose une constante remise en question de la part de l'adulte. 

J'avoue que s'entendre dire qu'à chaque fois que quelque chose ne se passe pas comme espéré, c'est toujours, toujours, toujours à l'adulte de se remettre en question, ça fait un peu peur. Pour ma part, je ne m'aime pas encore assez pour accepter que les torts soient toujours de mon côté, même si évidemment cela semble tellement logique. Autre raison pour laquelle s'engager dans une telle approche est un long chemin. Certains naissent avec des parents qui leur permettent de s'aimer suffisamment eux-mêmes, malgré les meilleures intentions du monde, je n'ai pas reçu ce cadeau, alors j'y travaille, autant que possible. 

Pour mettre un pied dans l'approche Montessori, la première étape est certainement d'apprendre à observer, observer sans jugement, sans craintes, avec patience et ouverture. Après on peut commencer à se définir des objectifs d'observation. 

La deuxième étape serait de préparer un environnement sécurisé, ordonné et où l'enfant peut se mouvoir librement en trouvant des activités adaptées à ses capacités et qui nourrissent sa soif d'apprendre. En réalité peu de matériel est nécessaire, et bien des choses peuvent se trouver dans des brocantes et autres sites de seconde main. Les bricoleurs et bricoleuses pourront aussi s'en donner à coeur joie. 

Maria Montessori a également un point de vue très intéressant sur la discipline. La plupart des adultes et surtout les enseignants du système traditionnel pensent que la discipline est quelque chose que l'adulte doit imposer, inculquer aux enfants. 
Maria Montessori est d'avis que dans un environnement approprié, les enfants apprennent d'eux-même une auto-discipline qui provient de leur intérieur. 
A mon sens, c'est cette auto-discipline qui fera d'eux des adultes vraiment libres, autonomes et responsables. Autre manque cruel en ma personne ! 

La formation Montessori 3-6 ans disponible en Belgique comporte 1 module théorique (celui que je viens d'achever), 4 modules sur la vie pratique, le langage, les mathématiques et la vie sensorielle, ainsi qu'un module consacré à la manipulation de tout le matériel, c'est un cursus de haute qualité, qui demande courage, persévérance et ouverture.  

La suite de l'aventure sera pour moi en novembre 2015, d'ici là, bonnes lectures de Maria Montessori.