dimanche 8 février 2015

L'heure du sevrage qui s'éternise


C'est drôle de lire que je pensais que ce serait terminé vers 2 ans ! 

Il vient d'avoir 2 ans et trois mois ! Et j'en suis toujours à vouloir limiter, écourter, voir refuser les tétées ... 

Mais j'ai toujours à la maison un petit addictaulait. Pour lui, quelque chose de brutal ne serait pas approprié, et pourtant parfois, j'en rêve un peu quand même ... parce qu'il y a des moments où je sature, même si grâce à ma reprise du boulot, il ne tète plus que matin et soir la semaine, et ouf, parfois j'arrive aussi à zapper un peu le matin, ou le soir ... 

Je crois qu'il se fait à l'idée que : la tétée, c'est pour les bébés, toi tu grandis ! C'est mon nouveau slogan ... 

La maternité nous remplit de sentiments très contradictoires elle aussi ! D'un côté, je l'aime de façon inconditionnelle, autant que faire se peut ! De l'autre, j'ai parfois grandement "besoin d'air", j'adore l'avoir contre moi ... et quand il me prend le menton pour que je regarde son dessin animé alors que je regarde mon écran, ça me contrarie quand même un peu ... 

J'aime sa façon de chercher le contact ... et je déplore qu'il en veuille encore autant ... 
Je ne me culpabilise pas de tout cela, ce sont mes ressentis ... ils n'ont pas à être jugés, surtout pas par moi ... juste écoutés, exprimés. 

Tous les jours, la situation de ces mamans solos me semble toujours plus insupportables, parce que, si j'ai ces sentiments, alors que j'ai beaucoup de relais de la part du papa, qui est un père génial, je n'imagine pas une seconde comment survivre quand on a trop peu de relais. J'en parlais récemment avec une collègue dans ce cas, la vie est vraiment très difficile. 

Alors vraiment, je tire mon chapeau et j'exprime toute mon admiration à ces parents célibataires qui parviennent à maintenir le cap, sans devenir fous ou rendre leurs enfants durablement malheureux ! 

Pour en revenir à cet allaitement, on m'avait aussi conseillé de lire "l'art de l'allaitement maternel", de la Leche League. Ce que j'ai fait, à l'heure du sevrage ... Cette lecture n'a pas été décisive pour moi, je n'ai pas appris grand chose que j'ignorais, vu que je lisais déjà leurs fiches, il reste que parfois, le ton un peu trop militant m'agaçait un peu, mais juste par moment, j'ai quand même globalement apprécié cette lecture. 

Dans mon précédent post sur le sevrage, je parlais aussi d'un second allaitement éventuel ! Là j'ai une idée plus précise, pour le moment, je n'ai pas envie d'un deuxième, je me laisse 5 ans, si dans 5 ans l'envie ne me vient pas, et bien, il n'y en aura pas du tout ... 35 ans pour être enceinte, c'est ma limite ! Un enfant demande tellement d'énergie, que je n'ai pas envie d'être une "vieille" maman. Je respecte ce choix, et je le comprends ! 

Il n'est pas pour moi. 

Et c'est vrai qu'il y a une part de moi qui pense qu'être enfant unique, ce n'est pas toujours marrant sur le long terme. Et en même temps, on se fait une famille de coeur, on peut avoir des amis tellement proche qu'ils sont comme des frères ! D'ailleurs, mon fils se plait beaucoup à la crèche où l'ambiance est bonne parmi les enfants, donc il n'est pas du tout en manque de contacts avec des personnes de son âge. Et puis, nous avons des proches avec des enfants ! Et même avec nous, on lui apprend le respect de la propriété d'autrui, des besoins d'autrui ! Parce que j'ai beau être adulte, je ne supporte pas qu'on dégrade mes affaires ! J'ai pour habitude d'en prendre soin, pas jusqu'à la maniaquerie mais quand même, alors je n'aime pas qu'on y touche ! 

Donc je m'entends souvent dire : NON, ça c'est à maman, c'est pas à toi ! Pareil avec les tétées au final : "Ici mon cher, on est dans une relation, il faut que cela te fasse autant plaisir qu'à moi, et si maman a mal, si maman n'a pas envie, et bien, cela ne peut pas continuer, je ne suis pas un distributeur !" Et je dois dire qu'il comprend bien. Bien sûr il manifeste son mécontement, mais c'est cela qu'il y a de génial avec les enfants, si ils sont écoutés, ils passent très vite à autre chose ! Surtout si papa peut aussi les distraire à l'instant T ! 

Et tout cela, c'est sans compter les remarques alentours : "tu exagères avec l'allaitement, ça a trop duré ! Tu lui as donné de mauvaises habitudes."
Et puis juste après : "qu'il est mignon, qu'il est en forme .... "

Bien sûr que les deux soient liés, ça ne leur vient pas souvent à l'esprit ... 

Et la pression pour faire le 2e ... je n'en parlerai pas non plus ... dès que vous êtes mariés, on vous parle de bébé, dès que vous en avez un on vous parle du 2e ! Et parfois même plus ! J'ai même eu droit à "Vous venez tous les deux de grandes familles, vous devez faire une grande famille" ! 

Et ça c'est typiquement le genre de phrase qui m'exaspère au plus au point ... 

Je sais que je ne dois pas le prendre au mot, ce ton impératif, cette façon de vouloir me forcer à perpétuer une tradition familiale, qui pour moi, n'a aucun sens et n'a pas amené que du bonheur ... ça m'irrite de façon épidermique ... 

Alors bien sûr je reste polie, mais je bouillonne intérieurement ! Je me suis beaucoup assagie avec le mariage et la maternité, je suis plus sereine, mais il ne faudrait pas réveillé la rebelle qui sommeille au fond, et qui ne fait que dormir ... je suis trop éprise de ma propre vision de la liberté pour me laisser asservir d'une quelconque manière et je connais trop bien la colère, je sais qu'elle donne une énergie folle, il s'agit juste de la diriger de façon constructive !

Alors oui, il y a beaucoup de choses qui me donnent la rage dans ce monde ! Alors je me rappelle que : La colère des hommes n'accomplit pas la justice de Dieu, et qu'il faut "donner du champ à la colère" et pourtant il faut l'écouter, comprendre le message qu'elle envoit, et puis formuler de façon non violente ce qu'on ressent, afin de restaurer notre intégrité psychique. 

C'est la seule façon de s'en sortir ! Sans s'abîmer, et sans abîmer les relations ! 

S'inscrire à une formation Montessori : ça, c'est fait.


J'ai enfin franchi le cap, je suis vraiment impatiente !

Il existe des formations Montessori en Belgique, j'ai décidé de m'inscrire au premier module de la formation 3-6 ans. Commencer par le module 1 de la formation 0-3 ans m'aurait grandement intéressée, mais les horaires ne m'arrangeaient pas, et mon fils aura bientôt 3 ans ... enfin, il a 2 ans et 3 mois maintenant ! 

J'ai reçu l'avant-goût : le programme détaillé de la formation ! Délectable.  Et peut-être même qu'une partie du coût sera prise en charge par mon employeur, reste à voir si il y aura un budget disponible pour ça. 

En attendant, j'ai trouvé à la bibliothèque le livre "L'enfant" de Maria Montessori, édité en 1936, je dois dire que je me régale, même si on voit à certains moments qu'il date, car bien sûr les recherches sur le cerveau de l'enfant ont grandement évolué ! Et puis moi, je lis Filliozat qui a, pour moi, vulgarisé la théorie de l'attachement ... 

Par contre, en visitant des écoles alentours pour inscrire mon fils, nous avons rencontré une autre maman fan de Montessori, malheureusement je n'ai pas eu le réflex de lui demander ses coordonnées.En revanche, elle nous a dit que plusieurs écoles Montessori des environs étaient juste des machines à fric ... très éloignées de l'esprit Montessori, même si elles avaient le matériel ! Car, pour ceux qui ne savent pas encore, la pédagogie Montessori, c'est d'abord un point de vue sur l'enfant, un état d'esprit par rapport à l'apprentissage et à la place de l'adulte dans l'apprentissage de l'enfant ... 

Si on utilise le matériel, sans l'esprit, on ne pourra certainement pas obtenir les mêmes résultats ! Car Maria Montessori préconise une ambiance de travail appropriée, et bien entendu, l'état d'esprit de l'adulte, ses interventions ont un impact majeur sur l'ambiance qui peut régner dans une classe ! 

Si dans l'enseignement plus traditionnel, les instituteurs avisés évitent de stigmatiser les enfants en les catégorisant de "faibles", "pas doués" ect ... ce n'est pas dans une école Montessori qu'on s'attend à entendre une éducatrice dire une telle chose devant l'enfant ! Et pourtant, c'est ce que nous a rapporté cette maman, elle en a été témoin ! 

Pour nous, ce ne sera pas Montessori pour le moment, enfin pas pour la rentrée 2015, mais plutôt d'inspiration Decroly. L'école a pour devise : Chaque enfant est unique, et on voit des supports visuels faisant référence au Petit Prince dans le hall d'entrée ! On a visité cette école tous les 3, et on s'est tous senti bien. La directrice nous a fait une très bonne impression et nous a laissé entendre qu'on aurait une place. Reste à régler la paperasse. Je suis enfin un peu plus sereine à ce sujet !

Car on s'est "battu" pour avoir une place dans une école officielle, très près de chez nous, mais quand j'ai entendu les rumeurs de la part des enseignants sur cette école, sur sa directrice, quand j'ai lu le projet pédagogique, je ne m'y suis pas retrouvée du tout. On y fabrique là de bons petits soldats, hyper stressés, en primaire, les enfants n'ont plus de vie en dehors de l'école, trop de devoirs ... et en plus, il paraîtrait même que la directrice considère que la mixité sociale, c'est très bien pour les autres écoles, mais pas pour la sienne ! Pour une école subventionnée par les pouvoirs publics, dont le PO est la ville, cela fait tâche ! On ne dira rien ... 

Je ne veux pas que l'école tente de faire de mon fils un bon petit soldat ! Je veux au contraire qu'elle ne l'empêche pas d'être vraiment lui-même, sachant qui il est, heureux d'être qui il est, tout en respectant les autres, leurs libertés, leurs croyances. Ce pourquoi je suis aussi contente que ce soit une école chrétienne, qui fait référence à Jésus, mais sans prier et faire la messe. Prier et aller au culte, c'est du ressort de la vie privée, c'est notre job et on s'en occupera très bien. Par contre, faire référence à Jésus pour parler de solidarité, de liberté, de sagesse, c'est une excellente chose, à notre sens !