jeudi 23 octobre 2014

L'ingérence des grands-parents



Quand l'enfant paraît, les relations sont remaniées dans la famille nucléaire, tout comme dans la famille élargie. Et quand c'est le premier petit enfant, il inaugure ses grands-parents. 
Je crois que si ils ne s'étaient pas rendus compte avant que leurs enfants sont adultes, le moment où leurs enfants deviennent parents devraient être l'occasion idéale pour le réaliser. 

Et pourtant, ce n'est pas toujours si simple. Il y a des adultes qui pensent qu'aimer ses enfants consiste essentiellement à s'inquiéter pour eux, pour leur compte en banque, pour ce qu'ils mangent, ce qu'ils dépensent, les cadeaux qu'ils font. 

Il y a des grands-parents qui imaginent que parce qu'ils donnent un coup de main, ils ont un droit de regard. Et ils se permettent des leçons de morales non sollicitées. 

Pourtant, cela est hors sujet. Déjà, qui en s'inquiétant peut augmenter la durée de 
sa vie ? C'est connu, l'inquiétude tendrait plutôt à réduire l'espérance de vie ! 

Ensuite, il faut accepter que le temps passe, que les enfants deviennent adultes, et qu'ils n'attendent pas qu'on les abreuve de conseils. Quand un adulte a besoin d'un conseil, il le demande à qui il souhaite. 

Il y a des grands-parents qui ne savent pas quelle est leur place. Il y a ceux qui croient savoir mieux que les parents ce qui est bon pour leurs petits-enfants ... "tu comprends, j'ai élevé des enfants avant toi, je sais très bien comment cela doit se passer ..." 

Il y a ceux qui entrent en compétition avec les parents et qui grappillent toujours plus de temps, qui subtilement, imposent leur loi, qui achètent avec des cadeaux, des bonbons, des permissions. 

Etre parent, être grand-parent, ce sont deux places totalement distinctes, qui ne sont pas en compétition, qui sont différentes, qui peuvent se compléter. 

Des parents peuvent avoir des valeurs différentes de celles de leurs propres parents. Des parents peuvent choisir d'insister sur d'autres aspects, peuvent avoir un point de vue tout à fait autre sur les crises de colère, les pleurs ou l'heure du coucher ! Et c'est leur droit !

Ils sont parents, ils détiennent l'autorité parentale, ils font de leur mieux, et surtout ils essayent de rester eux-mêmes, d'être à l'écoute des enfants. Ce que le reste du monde en pense, c'est nul et non avenu ... Surtout quand on rabache des idées sans aucun fondement "parce que c'est comme ça". 

En ce qui concerne les bébés, le maternage, l'allaitement, il me semble bien que le monde occidental est le plus éloigné de ce que la nature a prévu, et donc le plus mauvais pour les bébés. 

Pour ce qui est des bambins et enfants en général, les théories de Freud ont fait énormément de tort en faisant passer l'enfant pour un être de pulsions qu'il faut civiliser ... par tous les moyens possibles, même les plus cruels, la fin justifiant les moyens !

Pas étonnant que des parents et des grands-parents ne voient pas nécessairement les choses de la même façon, quand les grands-parents sont implicitement contaminés par les théories freudiennes et que les parents eux pensent Filliozat : parentalité bienveillante, écoute des émotions ... 

Il ne s'agit pas d'un conflit de générations, mais bien d'une confrontation d'idéologies ! 

En définitive, il appartient aux parents d'éduquer et aux grands-parents de choyer. Si chacun s'en tient à ses prérogatives, les choses se passeront aussi bien que possible. 

Et peut être qu'en voyant leurs petits enfants s'épanouir et bien grandir, les grands-parents admettront que les parents sont pleinement adultes et que malgré leurs choix qui peuvent sembler saugrenus, c'est bénéfique pour les enfants ! 

vendredi 3 octobre 2014

Les terreurs de la cour de récré


Ce n'est un secret pour personne, la cours de récré n'est pas toujours un petit paradis, les enfants sont même parfois très durs entre eux. 

Malheureusement pour les adolescents, depuis que nous vivons à l'ère des réseaux sociaux, les moqueries de la cours de récré continuent aussi la porte de l'école fermée, ceci n'est pas tout à fait mon sujet du jour. 

Mon sujet du jour serait plutôt : pourquoi une relation bourreau/victime peut-elle s'installer entre des enfants et comment s'y prendre pour limiter les dégâts et revenir à des relations plus saines. 

Vaste sujet, n'ayant pas été confrontée au problème en tant que parent, mon expérience est partielle. 

Pour moi, la relation bourreau/victime est une relation défectueuse, et pour qu'une relation existe, il faut être deux. En l'occurrence, selon moi, dans la relation bourreau/victime, les deux personnes sont en souffrance, les deux personnes ont des blessures différentes qui vont s'emboiter comme les pièces d'un puzzle. 

Il y a une citation d'Eleanor Roosevelt qui dit : "Personne ne peut vous faire sentir inférieur sans votre consentement." 

Je pense que même face à un bourreau, tout le monde ne deviendra pas une victime, et que face à une victime, tout le monde ne devient pas bourreau. 

Le bourreau de la cour de récré, est souvent un enfant qui contient beaucoup de colère et d'agressivité en lui car il est lui-même victime dans d'autres sphères de sa vie. Le seul moyen pour lui de retrouver un peu de la puissance qu'il n'a pas, c'est d'en prendre sur autrui. Il sait qu'il ne peut pas affronter son propre bourreau, alors il s'en prend à plus vulnérable que lui. Cela ne signifie pas qu'un enfant bourreau est maltraité physiquement ou dévalorisé verbalement, il peut aussi nourrir de la colère face à des parents surprotecteurs qui ne le laissent pas respirer et l'étouffent tout en le privant des occasions de prendre conscience de ses capacités. Un enfant peut aussi nourrir de la colère quand on lui impose trop de frustrations, pas toujours volontairement, ou quand il est sans cesse confronté à des injustices. 

Le besoin d'humilier, de dévaloriser un camarade provient à mon sens, d'une colère refoulée, qui au lieu d'être entendue par la personne qui la cause se déverse petit à petit contre un punching-ball, c'est à dire un être innocent et surtout sans défense. 

Pour ne pas faire de nos enfants des bourreaux, la solution est simple à comprendre, selon moi, nettement moins simple à appliquer au quotidien : apprenons-leur la grammaire des émotions en leur fournissant des outils pour exprimer les leurs sainement, voir les évacuer, via le sport pour se défouler, ou l'EFT (emotional freedom technique) pour ôter une charge émotionnelle trop forte qui nous encombre. 

Si le mécanisme qui fait d'un enfant une victime a des similitudes avec celui qui fait de lui un bourreau, la solution pour éviter cela est la même : apprendre à gérer ses émotions, être capable de prendre du recul par rapport aux relations que nous entretenons, être capable de poser les limites qui garantissent notre intégrité. 

Principalement qu'est-ce qui fait d'un enfant une victime ? Le manque de confiance en soi, un besoin excessif d'être apprécié, le besoin excessif d'éviter le conflit. Et qu'est-ce qui peut causer cela ? Aussi la surprotection, les dévalorisations, les conflits dans la famille, le manque d'amour, d'attention, de compliments, d'encouragements, l'angoisse, la pression de la performance, le perfectionnisme. 

Un enfant qui se sent en paix avec lui même, compris, accepté tel qu'il est, aimé n'aura pas le réflex d'entrer dans des relations de rapport de force avec autrui, il n'en aura pas du tout besoin. Et si quelqu'un lui manque de respect ou tente de le blesser, il aura les moyens pour s'en protéger et se défendre, il pourra identifier que ce comportement n'est pas acceptable et soit régler le problème seul, soit se faire aider.