mercredi 25 juin 2014

Accoucher, les alternatives à l'hôpital

Dans l'imaginaire collectif de beaucoup d'endroits sur terre, accoucher à l'hôpital est la meilleure solution, la plus sûre, la plus adéquate. 

Peu de gens, avant d'être passés par là, imaginent ce qui peut se passer dans les salles de travail et d'accouchement. 

Loin de moi, l'idée de généraliser, j'ai moi-même accouché en plateau technique à la clinique, et si c'était à refaire, je ne changerais rien. 

Cependant, l'OMS a publié une liste des actes médicaux autour de la naissance en les classant en trois catégories : inutiles et potentiellement dangereux, non-souhaitables et à recommander. 

Malheureusement dans beaucoup de maternités, dans le but de contrôler les accouchements à distance (par manque de personnel et de personnel bien formé), on veut que les naissances entrent dans un canevas simple : si il se passe cela, la consigne est de faire ceci dans le but d'obtenir cela ... si on ne l'obtient pas, on cherche un autre moyen ... 

Dans beaucoup de maternités, on ne respecte pas les capacités à accoucher de la mère, on ne travaille pas avec son corps mais contre lui. 

Ce pourquoi bien des naissances qui s'annonçaient tout à fait normalement finissent en césariennes d'urgence !

Loin de moi encore l'idée de bannir les césariennes, seulement, il existe des statistiques détaillées qui montrent qu'il y en a beaucoup trop, et que celles qui n'étaient pas nécessaires ont en effet été induites par le protocole médical imposé par le gynécologue ... 

Devant le peu d'écoute, le manque de prise en compte de leur volonté, bien des femmes, pour les naissances suivantes cherchent des lieux alternatifs, où elles se sentiront plus respectées, et tout autant en sécurité. 

En Belgique, il y a principalement deux alternatives à l'hôpital : la maison de naissance, ou le domicile. 



Les maisons de naissance sont tenues par des sage-femmes, il y a en plusieurs en Belgique, j'ai entendu parler de celles de Namur, Liège et Bruxelles. 

L'optique est ici totalement différente. Les sage-femmes sont compétentes pour les accouchements physiologiques, autrement dit, elles accompagnent la nature, travaillent avec elle, favorise le bon déroulement des naissances pour les femmes en bonne santé, dont le bébé est aussi en bonne santé. 

Les sage-femmes ne sont pas compétentes pour les grossesses à risques. Ces grossesses, potentiellement pathologiques sont suivies par des gynécologues, obligatoirement. 

La maison de naissance doit être un lieu bien équipé, mais surtout chaleureux, où tout sera mis en place pour le confort et la relaxation de la maman. La maison de naissance est un cocon, un lieu de bien-être, un sas entre une vie à 2 et une à 3 ou plus ... 

Le domicile, certains voient cela comme un retour en arrière ... en réalité, ce sont les dérives de l'hôpital qui y ont mené ! 

Pour ma part, si j'ai choisi le plateau technique, c'est d'abord parce que c'était l'alternative qui convenait à ma sage-femme, mais aussi parce que je n'avais aucune envie de gérer toute l'intendance pendant les premiers jours après la naissance, je trouvais ça bien pratique de ne pas avoir de ménage et de cuisine à faire et de pouvoir sonner si j'avais une question ... 

J'ai donc eu, à mon sens, tous les avantages, ceux de la maison et ceux de la clinique : j'étais dans un cocon où on ne nous a pas dérangé, pas d'actes médicaux inutiles, beaucoup de considération, d'encouragements, de l'écoute, du respect et en même temps, pas d'intendance, de ménage et de cuisine à gérer, du personnel aimable et bien formé pour répondre à mes questions. 

C'est donc le must, c'est ce que je souhaite à toutes les mères. 

Le conseil est donc d'étudier soigneusement la question, de visiter les lieux, de rencontrer les intervenants, ainsi on peut se faire une meilleure idée et poser un choix éclairé ! 


lundi 23 juin 2014

Unschooling ou déscolarisation

J'y pense depuis longtemps, j'ai franchi l'étape de m'informer sur les formations Montessori disponibles en Belgique, leur coût, le temps qu'elles prennent ... 




Et j'ai maintenant une amie institutrice de formation qui serait également intéressée, on se sent moins seule. 

Je continue donc à rêver à ce projet et à m'informer ... certainement que dans quelques temps je commencerai à bricoler mon premier matériel et à lire davantage Maria Montessori. 

Mon mari et moi sommes arrivés à la conclusion que dans un premier temps, la meilleure solution serait que je puisse enseigner dans une école Montessori, afin de m'aguerrir et parce que je ne refuse pas que mon fils soit scolarisé, je souhaite juste que cela se fasse dans de bonnes conditions. 

Apprendre au départ est un plaisir pour le tout petit, et cela doit le rester, c'est cela mon but ! 

Apprendre doit se faire en respectant le rythme et les intérêts de l'enfant, apprendre ne doit pas être une compétition, ne doit pas être fait sous la pression, ne doit pas être une corvée. 

Apprendre doit être un bonheur sans cesse renouvelé, apprendre doit pousser à aller de l'avant, à aller vers les autres, à se concentrer, à vouloir maîtriser l'un ou l'autre sujets à la fois. 

Je refuse qu'on formate l'esprit de mon fils, qu'on lui inculque la médiocrité, obéir, rester dans le rang. Je souhaite au contraire qu'on stimule sa créativité, qu'on lui permette d'exploiter ses intelligences multiples, tous ses potentiels !

Nos enfants sont bien plus intelligents que ce qu'on pense et l'école ne leur permet pas d'exploiter toutes leurs possibilités c'est son plus grand tort. 

L'école d'aujourd'hui fabrique de gentils petits consommateurs presque incapables de réfléchir, des gens qui vont faire fonctionner le système au lieu de le réinventer ... 

Sauf que l'humanité aujourd'hui court à sa destruction, si nous voulons que la vie soit encore possible sur cette planète, en dehors de croire en Dieu, la seule solution est de réinventer la société, lui donner d'autres valeurs. Promouvoir un épanouissement autre que la belle maison, la belle voiture et les vacances au bout du monde 4 fois par an ! 

L'avenir de l'humanité sera dans le retour à la terre, le retour à la solidarité, ou ne sera pas. 

Et si pour aboutir à cet objectif, nous avions besoin de réformer totalement l'apprentissage, l'instruction, l'éducation ? 

On n'obtient jamais un résultat différent si on suit toujours le même processus !

Si on souhaite que nos enfants réfléchissent, on ne doit pas les formater, si on souhaite que nos enfants inventent des solutions ingénieuses pour les grands problèmes que nous et nos ancêtres avons créés, ils ont besoin d'avoir accès à tous leurs potentiels ! 

mardi 17 juin 2014

Les enfants dans l'espace public

L'auteure du blog les questions composent s'interrogeait récemment sur la place faîte aux enfants dans l'espace public. 

Il y a des endroits qui leur sont spécialement dédiés : les plaines de jeux, les café-poussette, les crèches ... 

On a pensé les nouveaux trams bruxellois pour que les poussettes puissent y entrer facilement, pareil pour les bus ... 

C'est une bonne chose, les enfants sont là, les parents doivent bouger, il faut que leurs petits puissent les accompagner, en maximisant le confort de chacun : les parents, les enfants et aussi les autres passagers. 




Je parlais récemment avec la propriétaire d'un café poussette qui me disait participer à un projet pour sensibiliser tous les restaurants, bars et cafés au fait de proposer des tables à langer et autres commodités qui leur permettraient d'obtenir un "label" ici on aime les bébés. 

Je constate pour ma part qu'il y a souvent des chaises hautes dans les restaurants, les quick et autre mcdo ont des aires de jeux, ils visent un public familial ... 

Devenir parent ne devrait pas nous obliger à renoncer à la vie sociale ! 

A quand des mini-crèches à côté des cinémas, des théâtres, des musées et autres entreprises pour faciliter la vie des parents ? 

Il y a d'énormes besoins particulièrement à Bruxelles ! Il me semble que pour une entreprise de plus de 100 travailleurs, la législation devrait obliger à penser à une crèche ! Cela créerait de l'emploi et faciliterait l'équilibre vie-privée /vie-professionnelle des parents. Cela favoriserait l'allaitement ... 

Les enfants d'aujourd'hui sont les adultes de demain, ils ont besoin de soin, d'attention, ils ont besoin de voir leurs parents continuer à s'épanouir dans leur vie propre, tout en y ayant une bonne place, une place pratique ... 

A quand le congé parental pendant un an complet pour les pères et les mères ? 

Élever un enfant est une tâche gratifiante sur le long terme, une tâche cruciale,il s'agit du bonheur de l'humanité, ce n'est pas un enjeu de seconde classe. Une société qui se veut "civilisée", une société qui se dit "moderne", ne devrait pas oublier que nous restons des êtres d'émotions, d'instinct et que cela fait le sel de la vie, sa beauté, cela lui donne son goût. 

Cela mérite le plus grand respect, la considération, le temps. 

Sinon, il y a aussi l'idée de l'allocation universelle. Chaque personne majeure devrait recevoir une allocation qui lui permette de vivre décemment. Peu importe son âge, sa santé, sa formation ... 

Il ne devrait pas, dans une société soucieuse de justice, avoir des écarts de l'ordre de un à 400 entre le plus bas salaire et le plus haut au sein de la même entreprise. Quel exemple montrons-nous à nos enfants ? 

Est-ce acceptable que certains démarrent dans la vie en mangeant mal, s'habillant mal, aillant froid ? Alors que d'autres ont tellement de biens qu'ils ne savent comment les user ? 


Je ne me raccroche à aucune idéologie politique, sauf peut être la théocratie, ... 

Je suis pour la justice, la décence, le respect de la vie de sa conception à son ultime instant. 

La façon dont une société traite ses enfants et ses vieillards est très révélatrice des valeurs qu'elle défend, quand on est pas encore "productif" ou qu'on ne l'est plus, comment sommes-nous traités ? 

Sommes-nous solidaires ? Conscients des richesses, des sagesses de chacun ? Sommes-nous prêts à penser au bien commun et pas uniquement à notre intérêt personnel ? 
Sommes nous prêts à refuser la violence et à régler des conflits sans perdants ? 

Avons-nous encore un peu d'humanité à transmettre à nos rejetons ou sommes nous définitivement devenus de vulgaires consommateurs qui mourrons plus jeunes et plus malades que leurs grands-parents ? 

mercredi 11 juin 2014

La vie sexuelle des jeunes parents

Autant le dire tout de suite, entre les nuits sans sommeil ou presque, les multiples occupations qui prennent le temps qui reste, si tous les couples connaissent une période d'intense activité, cette période est définitivement révolue pour les jeunes parents. 

Déjà, du côté des femmes, le corps a changé, il faut se le réapproprier, se trouver attirante avec quelques kg en trop, ce n'est pas donné à tout le monde, cela prend un peu de temps. 

Et puis il y a l'allaitement, disons que c'est un lien très spécial, il se joue quelque chose au niveau des hormones, du bien-être, et cette proximité permet de nombreux moments de tendresse avec ce nouvel être. Parfois, quand on a de la chance, le papa aussi vient nous enlacer et on partage cette tendresse tous ensemble, faisant passer l'aspect sexuel des étreintes au second plan, si ce n'est carrément aux oubliettes, pour un moment ... 

Et puis il y a le cododo, ça évidemment, tout le monde n'est pas friand des extases au 7e ciel à côté de bébé tout juste endormi ... C'est là qu'on est content d'avoir plusieurs chambres, et plusieurs lits. 

Faut-il s'inquiéter de ce changement ? Le déplorer ? 

Dans la vie il y a un temps pour tout, il est normal que la vie sexuelle traverse différents états avec des moments plus intenses, d'autres plus calmes. Ce qui va permettre au couple de maintenir l'amour, c'est d'en parler, c'est de concilier les désirs des uns et des autres avec cette nouvelle vie, ce nouveau rythme. 

Parfois, la fréquence diminue, l'intensité augmente, du manque naît le désir.  

Et puis les enfants grandissent si vite, ils font leurs nuits, ils dorment dans leur chambre, on a rien vu venir qu'ils ne veulent plus qu'on entre dans leur domaine, pour cause d'adolescence, et là c'est eux qui commencent à s'intéresser à la chose. 




Comme pour tout ce qui concerne l'éducation des enfants, en ce qui concerne la vie sexuelle des jeunes parents non plus il n'y a pas de règles. Il ne faut surtout pas s'en laisser dicter à coup de phrases terrifiantes du style : "si tu ne passes pas à la casserole 6 semaines après l'accouchement, fais gaffe, ton mec ira se consoler ailleurs ... " ou encore "faut bien reprendre un jour, si on attend trop on a plus jamais envie, alors pourquoi prendre le risque ?" et puis aussi : "fais tous tes enfants avec de petits écarts d'âge, comme ça tu sors des couches et des biberons une fois pour toute". 

Un couple n'est pas l'autre, un état de fatigue n'est pas l'autre, un désir n'est pas l'autre. De mon point de vue, je ne dirais pas qu'il est important de reprendre rapidement une vie sexuelle "comme autrefois". D'ailleurs, je ne pense pas que cela puisse être comme autrefois. Concevoir un enfant ensemble, l'accueillir dans notre vie, s'émerveiller devant le fruit de notre amour, cela modifie irrémédiablement le lien qui unit un homme et une femme, et si le lien est modifié, forcément la sexualité sera différente, pas moins bien, pas obligatoirement meilleure, mais différente, oserais-je dire, plus profonde, au sens émotionnel du terme. 

Avoir un enfant ensemble cela nous lie d'une façon unique et cela donne à la sexualité une dimension tout autre que le pur plaisir. On a la preuve incontestable que ce plaisir peut aboutir à quelque chose de très concret, qui bouleverse notre vie, qui lui donne un nouveau poids, qui nous oblige à nous dépasser, à devenir meilleur, à grandir. 

La vie est sacrée, l'amour est sacré, le sexe est sacré, accoucher est sacré et tout cela on en prend réellement conscience que lorsqu'on est devenu parents. 

Ce qui est primordial dans la vie des jeunes parents, ce n'est pas de reprendre rapidement une vie sexuelle. Ce qui est primordial, c'est de faire de la place à leur couple. Le couple doit continuer à exister en dehors des responsabilités parentales. Il faut du temps pour être à deux. 

Quand on est jeunes parents, du temps à deux, on en a pas beaucoup. Pourtant, les enfants sont heureux quand ils sentent leurs parents heureux ensemble, les enfants sont rassurés quand ils sentent que leurs parents s'aiment profondément pour l'homme et la femme qu'ils sont et pas parce qu'ils sont parents ensemble.  

Donner du temps à son couple c'est donc une manière de préserver le bonheur à long terme de ses enfants. Car si on tarde trop, un jour il peut être trop tard, des gens qui restent ensemble pour assumer leur responsabilité de parents tout en ayant plus aucun bonheur à partager ensemble, cela donne aux enfants une image déplorable du couple, qui les marque à vie, et un divorce est tout aussi traumatisant quand on a 5 ans ou 25 ans ... 

Je suis encore une jeune mère, à 19 mois, j'allaite toujours et je peine à faire dormir mon fils dans son lit. Depuis sa naissance, je n'ai jamais perdu l'envie de temps à deux, ni le besoin de temps pour moi. Entre l'envie, le besoin, et la réalité, il faut jongler. Il y a une amie avec qui j'ai pris rendez-vous 4 fois avant qu'on parvienne effectivement à se voir. 

Trouver du temps seule avec mon homme, cela relève plus ou moins du même parcours du combattant, pourtant je ne suis pas du tout du tout prête à renoncer, cela parce que j'ai choisis un homme pour partager ma vie et pas un homme pour me faire des enfants. 

J'ai toujours su que j'étais faite pour le mariage, par contre, le désir d'être mère n'est venu que plus tard. 

La seule chose que les jeunes parents ont à retenir de cet article c'est, le sexe, il peut être mis entre parenthèses autant de temps que cela vous convient à vous deux, par contre, le temps à deux est aussi indispensable que l'air qu'on respire, même si c'est peu, c'est toujours ça ! 

lundi 9 juin 2014

Conférence d'Isabelle Filliozat à St Gilles


Ce 8 mai est une date que j'avais assignée dans mon agenda, des mois à l'avance ! 

Et oui, j'avais même payé la réservation d'avance pour être sûre qu'on y soit ! Chéri a eu un autre projet en dernière minute, je suis arrivée en retard, mais quand même, le petit et moi étions là. 

Soit dit en passant, il y a des gens qui viennent à une conférence sur la parentalité positive enfant admis, et qui sont gênés par un enfant qui bouge un peu ... Je ne comprends pas ça !

Quand on ne sait pas se concentrer, on n'a pas à en vouloir à un enfant sage !

Je suis arrivée quand elle parlait des relations dans une fratrie. Les parents pensent assez vite à de la jalousie entre les enfants, alors que leurs rapports sont bien plus complexes que cela. Et surtout, on n'y comprendra pas grand chose, sans connaître l'existence des neurones miroirs !

Je pense qu'elle les évoque dans "Au cœur des émotions de l'enfant", mais n'en ayant encore qu'un, cela ne m'a pas marquée. 

Il parait que les enfants ont dans leur cerveau des neurones miroirs qui leur font ressentir ce que l'autre ressent quand il joue avec tel jouet, c'est pour cette raison que le petit veut le jouet du grand, et quand il voit que le grand ne joue plus avec, il n'en a que faire ... Ce besoin de ressentir la sensation que l'autre ressent est aussi une recherche de lien. 

Evidemment, le grand lui n'a pas vraiment envie qu'on lui prenne son jouet, et surtout il n'a pas envie de se sentir ramené dans son plus jeune âge en voyant le petit l'imiter. 

C'est un processus contre lequel il ne peut rien, et un moteur d'apprentissage par imitation. L'idéal serait que le grand puisse lui aussi comprendre ce qui se passe, et s'y adapter. 

L'autre solution serait également que le parent aussi se mêle au jeu et donne une mission à chacun ! 

Quand un enfant perçoit un geste d'autrui comme une "attaque", son cerveau se met sous stress, il n'a alors que trois réactions possibles : attaquer à son tour, fuir, ou se figer. 
Pour éviter que le cerveau d'un enfant se mette sous stress, on peut veiller à ce qu'il dorme suffisamment, mange quand il a faim, ne soit pas dans un environnement surstimulant, ait son réservoir d'attachement toujours bien rempli, ce en lui consacrant 10 minutes de véritable attention tous les matins ...
Sur le moment quand on le voit "monter dans les tours" le seul moyen de juguler la crise est de lui donner une tâche à sa mesure, ainsi il se concentre dessus et oublie tout le reste. 

Dans les relations de fratrie, il ne faut pas négliger également la notion de territoire à protéger, les grands n'aiment pas qu'on pénètre dans leur univers, surtout si le petit n'a pas encore appris à respecter les objets, et si le grand sait déjà ranger et que le petit vient mettre du désordre, on peut comprendre que cela le mette sur les nerfs. 

La fratrie est donc le premier lieu où apprendre à un enfant à décrypter les besoins d'un plus petit ... et ce n'est pas chose aisée tous les jours ! Plus tôt il y parvient, plus grande sera son intelligence émotionnelle et c'est un grand atout pour son avenir ! 

Quand il parvient à détecter ce dont le petit a réellement besoin, lui laisser proposer des idées pour combler ce besoin, en suggérant des idées si cela lui échappe. 

J'ai bien aimé également les rappels qu'elle a fait sur l'attachement. 

La société véhicule que pour avoir des enfants bien élevés, il faut être un parent autoritaire et donc s'imposer, crier plus fort, ne pas céder jusqu'à se faire obéir. 

On oublie trop souvent que les parents ont une certaine autorité tout à fait naturelle sur les enfants, l'autorité liée à la compétence qui suscite leur émerveillement : t'as vu papa il est trop fort, il est capable de ... 

Bien souvent quand un parent dira que l'enfant brave l'autorité, c'est qu'en réalité on demande quelque d'inutile, d'injustifié ... qui ne tient ni à la sécurité, ni au bien-être de chacun. 

Il est bon de se demander pourquoi on veut imposer telle chose et si on y tient vraiment, il faudra chercher un moyen de susciter la collaboration de l'enfant au lieu d'y aller en force. 

Il est bon de tenir compte des limites intellectuelles des enfants quand on attend quelque chose d'eux : un enfant de 8 ans est capable de retenir 5 consignes courtes et simples, pas plus. En revanche cela est impossible à un enfant de 5 ans, si on souhaite qu'il réponde à 5 consignes, il faudra donner la première, puis attendre son ok pour passer à la suivante. A 5 ans, il ne comprend pas encore la formule "ne pas", toujours dire ce qu'il faut faire, où il faut rester de façon positive. 

En règle général, les êtres humains préfèrent se voir octroyer des permissions plutôt que de se heurter à des interdits, c'est aussi valable pour les enfants : "on marche sur le trottoir", sera toujours plus productif que : "on ne marche pas sur la route". On peut même risquer : "A pieds c'est sur le trottoir", "en voiture, c'est sur la route". 

Apparemment au début de la conférence, Isabelle Filliozat avait récolter des questions de parents dans une petite boîte, elle en sortait une de temps en temps, comme celle-ci : 

"Que faire avec un enfant d'un an qui veut être debout sur la table à langer ?"

A cet âge, il découvre la station debout, en plus de sécuriser la table à langer, il sera bon d'apprendre à changer la couche debout, c'est une autre technique, c'est tout à fait possible, adaptons-nous ... Lui donner quelque chose en main pour s'occuper fait aussi des miracles. 

(Le mien par exemple adore fourrer ma brosse à dent en bouche pendant que je le change, j'ai eu beau lui en acheter une belle à sa taille, non il préfère la mienne, au moins il reste bien gentiment couché et c'est quand même plus facile pour nettoyer les petites fesses quand il faut.) 

Donner des interdits, c'est susciter l'envie de les transgresser, à l'inverse si on donne des permissions, le cadre est clair mais l'enfant ne se sent pas restreint. 

Les enfants aiment les routines mais pas qu'on nie leur identité, leur besoin de s'affirmer. 

Pour l'enfant qui veut mettre les sandales alors qu'il pleut tellement qu'il faut mettre les bottes, il faudra être astucieux : "Alors aujourd'hui il fait quel temps ? " "Il pleut", "et qu'est-ce qu'on met quand il pleut pour ne pas être trempé ? " " les bottes". 

Instaurer des routines les rassurent, les enfants aiment les habitudes. 

"Que faire quand un enfant demande : dessine-moi un escargot tout de suite ? "

A 2 ans, on est dans le présent, il est peu probable que le dessin en lui-même soit vital pour l'enfant, en revanche, la demande peut cacher : un besoin d'attention, de reconnaissance, de tendresse. 

Quand l'enfant dit "j'ai faim", il n'a pas toujours nécessairement faim, mais il a compris que quand il dit "j'ai faim" on s'occupe de lui, c'est plus acceptable que de dire "je veux un calin". 

"Pourquoi mon enfant se met à me réclamer si je prend le téléphone, alors qu'il jouait bien calmement depuis 15 min? "

Le parent est la base de sécurité de l'enfant, un peu comme un porte-avion, pour voler, l'enfant-avion, a besoin de carburant : les marques d'attachement, l'attention qu'on lui donne. Dès qu'il voit que la piste d'atterrissage est occupée par quelqu'un d'autre, (au téléphone) il revient direct remplir son réservoir. Dans l'idéal, il faudrait à ce moment, faire une pause dans sa conversation pour lui dire quelque chose de gentil qui nourrit son réservoir, ainsi il peut repartir explorer le monde. 

Plus son réservoir d'attachement est rempli, plus il est disposé à explorer le monde et plus il est réceptif à ce qu'il découvre, mieux il apprend. 

Bien souvent quand un enfant fait une crise lorsqu'on lui refuse une chose qu'il demande, c'est qu'il ne veut pas vraiment cette chose, mais bien de l'attention, qu'on remplisse son réservoir presque vide. 

Quand le réservoir est vide, le cerveau de l'enfant est sous stress ce qui provoque les réactions décrites ci-dessous, il faut donc éviter le plus possible de laisser son cerveau se mettre sous stress. 

L'attachement est un besoin fondamental chez le nourrisson, au moins autant que la nourriture. Une expérience faite sur des parents montrent qu'on peut différencier les parents par rapport aux réactions de leurs cerveau quand leur enfant pleure. 

Les parents qui n'ont pas eu un lien d'attachement fort étant petits ont leur cerveau sous stress quand leur enfant pleure, ils cherchent à tout prix à ce qu'il se taise. 

Les parents qui ont eu un fort lien d'attachement petits ont leur cerveau qui se met en empathie quand leur enfant pleure. Ils lui ouvrent donc leur cœur pour recevoir ce qu'il a à exprimer. 

On ne peut pas changer le passé, et en même temps on peut prendre conscience, faire des choix, et si nécessaire, se faire aider par un professionnel. 

Sans avoir connu des traumatismes graves pendant l'enfance, je pense que la majorité des adultes d'aujourd'hui ont à guérir de leur enfance, parce qu'aucun parent n'est parfait, et que pendant des générations on a appliqué un violent dressage en lieu et place de l'éducation. A nous de faire différemment pour éviter à nos enfants de se retrouver adultes avec les carences que nous connaissons. 

Merci à Isabelle Filliozat de nous donner des outils dans ce sens.