vendredi 30 mai 2014

Faut-il laisser tout faire aux enfants ?

Voici une question plus complexe qu'il n'y parait à laquelle j'ai moi aussi eu envie de réfléchir en lisant cet article : http://lesquestionscomposent.fr/eduquer-sans-punir/. 

Je cite : "Faut-il tout laisser faire aux enfants?

Oui et non. Je pense que dans la pratique, ce qu’on doit ou non laisser un enfant faire est une question extrêmement compliquée, et ce dès le début. Pour ma part j’essaie d’appliquer un principe simple qui est le suivant: à peu près tout est autorisé, excepté ce qui fait mal à soi ou aux autres. Ça parait simple comme ça mais en pratique, c’est relativement complexe. [...] La règle de ne pas faire mal à soi ou aux autres peut paraître très basique. Elle force en fait à se demander pourquoi telle chose que j’ai envie d’interdire devrait l’être, donc en quoi quelque chose me dérange dans la mesure où ça ne fait de mal à personne. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, les parents ont tendance à interdire de nombreuses choses qui n’enfreignent pas cette règle. Par exemple détruire ses jouets, s’habiller d’une certaine façon, parler d’une certaine façon… Quand j’ai envie d’interdire quelque chose, mais que je n’ai pas de motif précis, ça me force à me demander quel est mon problème. Par exemple, ce qu’on va penser de moi en tant que parent peut m’amener à interdire des choses à mon enfant. Seulement, c’est mon problème, pas le sien…" 

J'ai trouvé ça très intéressant comme réflexe de me demander pourquoi j'aurais envie d'autoriser ou d'interdire quelque chose, cela ne devrait en effet pas être des automatismes sans fondements, sans utilité. Nos décisions quotidiennes dans l'éducation de nos enfants devraient avoir une cohérence globale, s'accorder avec nos valeurs et les besoins de tous. Si les valeurs devraient rester relativement stables et constantes, nos besoins peuvent varier au cours d'une même journée et peuvent différer d'un parent à l'autre, cela est très important. 

Si les parents devraient partager leurs valeurs, leurs besoins peuvent différer. Si leurs valeurs diffèrent, il faudra soit faire des compromis entre eux pour accepter que dans certaines circonstances ce soit la valeur de l'un ou de l'autre qui assoit un comportement, soit faire comprendre à l'enfant la différence d'opinion, un apprentissage intéressant, qui compliquera certainement un peu le quotidien. 

Alors laisser tout faire aux enfants sauf ce qui fait mal à soi ou aux autres ? 

Cela peut être un bon point de départ à mon sens, surtout si on élargit un peu le "faire mal" à "déranger", "mettre mal à l'aise", "ne pas respecter les besoins (de soi ou de l'autre)". 

Pour ma part, je souhaite aussi apprendre à mon fils le respect des objets. Je n'aime pas qu'on déchire les livres, je n'aime pas qu'on dégrade les objets en général. Causer une usure normale en utilisant un objet ne me pose aucun problème, démolir volontairement quelque chose d'utile me gène profondément, car j'ai horreur du gaspillage, quand on ne prend pas soin de ses affaires, on doit sans cesse en acheter de nouvelles et c'est inutilement coûteux. 

Sans parler du fait de peiner quelqu'un quand on démolit volontairement un objet auquel cette personne tient.  

Il reste qu'on est parfois très démuni quand il s'agit de faire respecter nos besoins par nos enfants. Hier soir j'étais fatiguée, et pas mon fils, résultat, je n'ai pas pu dormir avant que lui décide de dormir également, je me suis énervée, de façon tout à fait inefficace et au final je trouve ça déplorable de n'avoir pas trouvé une meilleure approche. D'un côté, je sais qu'il est encore petit, (presque 19 mois) et donc pas nécessairement capable de comprendre mes besoins, pourtant il a déjà compris mon besoin de sommeil quand il était beaucoup plus petit et que mon besoin était beaucoup plus vital qu'hier. De l'autre quand je lui demande quelque chose en étant très sérieuse un peu énervée, il rigole à pleine gorge, alors j'ai le réflexe de penser "il me nargue", alors qu'une autre voix en moi me dit : "mais non, il en est incapable, il y a une autre raison". D'ailleurs quand je me blesse accidentellement et que m'exprime ma douleur, il rit tout autant ... Visiblement, que je sois fâchée, ou que j'ai mal, je fais une tête inhabituelle qui le fait rire ... 

Et par ici quelques idées bien concrètes et pratiques : http://www.poule-pondeuse.fr/2011/05/18/eduquer-sans-punition-2/>