dimanche 9 février 2014

Au coeur des émotions de l'enfant d'Isabelle Filliozat

Ce livre fut pour moi une révélation. Sa lecture a été assez difficile car il m'a beaucoup replongée dans ma propre enfance. Je peinais à mettre la distance nécessaire pour intégrer les principes à l'éducation que je veux donner. 

Ce que j'en ai gardé, c'est que les enfants vivent leurs émotions de façon souvent très intense, et cela a quelque chose de violent pour eux. Notre rôle est de les accompagner, de leur apprendre comment gérer leurs émotions, mais certainement pas de les réprimer ou de choisir pour eux celles qui sont "socialement acceptables" ou celles qui ne nous dérangent pas. 

Pour avoir cette capacité, il est indispensable d'avoir fait le point et pris la distance nécessaire avec sa propre enfance, sinon, ce que vit notre enfant va raisonner en nous de telle manière que nous ne distinguerons plus nos émotions des siennes, notre passé de son présent, et nous ne serons alors d'aucun secours pour lui, ce qui serait très dommage. 

Isabelle Filliozat vient en mai donner une conférence près d'ici, nous y sommes inscrits, j'ai hâte d'y être ! 

J'aime aussi beaucoup cette phrase de Filliozat qui dit que : les caprices, c'est tout ce que les parents ne comprennent pas. 

Je pense en effet qu'aucun enfant n'est "difficile" gratuitement. Mais c'est tellement plus simple de coller une étiquette comme ça vite fait que de se poser les bonnes questions (qui sont très bien décrites et expliquées dans le livre). 

L'autre aspect qui me semble primordial à comprendre, c'est que le regard qu'on porte sur l'enfant a un effet inducteur. Si un parent répète à longueur de journée à son enfant qu'il est comme ci ou comme ça, l'enfant va d'office finir par se conformer à cette image qu'on lui donne de lui, car naturellement l'enfant accorde une confiance aveugle et naïve à ses parents et à leur jugement : si il le dit, ça doit être vrai. C'est seulement plus tard qu'ils prennent conscience de nos erreurs, et même là, c'est parfois encore très difficile pour eux, même parfois devenus adultes, d'admettre les failles de leurs parents. 

Nous avons donc une grande responsabilité, la plus grande selon moi est d'être aussi exemplaire que possible. C'est la méthode d'enseignement la plus puissante et la plus durable. Donc occupons nous de nous même, soyons patients, calmes, respectueux, polis, bienveillants, empathiques et nul doute que nos enfants suivront nos traces, dans la paix et la bonne humeur ! 

Parents efficaces de Thomas Gordon


J'ai vraiment apprécié la lecture de ce livre, même si il date déjà, il contient quelque chose de révolutionnaire qui gagnerait à être enseigné à l'école, à tous ceux qui ont des métiers où ils sont en contact avec des jeunes et même aux autres ! 

La résolution des conflits via la méthode sans perdant, ou méthode win/win, est quelque chose de redoutablement efficace dans toute relation humaine !

Il s'agit déjà de situer le problème : appartient-il à l'enfant ? (il a besoin d'attention) au parent (il a besoin de calme) ou à la relation ? (les besoins sont opposés ou difficilement conciliables). 

Pouvoir prendre ce recul qui permet de situer le problème de façon précise est déjà un élément de réponse, on commence à avoir alors une idée de la bonne stratégie à adopter ! 
La méthode sans perdant suppose d'abord de garder son calme, d'exposer de façon factuelle et donc neutre ce qui se passe, se mettre d'accord sur la définition du problème, ensuite proposer toute les solutions plus farfelues les unes que les autres qui peuvent venir à l'esprit, ensuite éliminer celles qui sont inapplicables, pour enfin s'accorder sur une, que l'on va expérimenter. Un peu plus tard, il faudra un debriefing, un feedback, pour vérifier qu'elle donne entière satisfaction, ou pour l'adapter, ou pour en changer totalement. 

Le but étant que chacun y trouve son compte. 

Dans les exemples de situations concrètes que j'ai lu dans ce livre, j'ai été frappée de constater que la plupart du temps les besoins des uns et des autres peuvent se concilier très simplement à partir du moment où on explique vraiment le fond de sa pensée, son souci réel. 

J'ai remarqué aussi que les enfants sont d'autant plus capables d'entendre ce que le parent dit si le parent dit ce qu'il pense vraiment et pourquoi. 

C'est des ouvrages que je recommande à tous les parents, et à tous ceux qui souhaitent résoudre des conflits de façon efficace dans le calme. 

vendredi 7 février 2014

Ces fameux escaliers


Quand nous avons emménagé, un des points faible du duplex, c'est l'escalier en colimaçon.

Et puis c'est comme tout, à force de l'emprunter, on prend l'habitude d'être prudent et tout se passe bien. Cela devient une seconde nature.

Quand le petit à commencer à se déplacer très vite à 4 pattes, on s'est mis à hésiter, barrière ou pas barrière ...

Je n'étais pas tellement pour, j'ai lu des bribes et une intéressante discussion sur le bouquin "le concept du continuum".

Autour de nous beaucoup sont favorables à la barrière, nous qualifiant presque d'inconscients si on avait choisi de ne pas en mettre. On en a acheté une relativement bon marché sur internet.

Résultat elle est pour le moment mal fixée et quand bien même, notre petit a déjà très bien trouvé comment l'ouvrir, bref un mauvais achat, inutile.

Entre temps, il a commencé à marcher, peu avant ses 15 mois, et au même moment, il a découvert le plaisir et la fierté d'emprunter lui-même les escaliers, tant pour monter, que pour descendre.

La première fois que je l'ai vu monter, j'étais juste derrière lui, soit aux premières loges ! Je me suis extasiée devant sa technique parfaite, à quatre pattes !

Par la suite, je l'ai vu descendre, et là il essaye différentes approches, y compris la même que nous, c'est à dire debout en se tenant à la rampe, sauf qu'il se tient aux montants de la rampe. Il n'a vraiment peur de rien.

Pour le moment, il est encore inconscient du danger, c'est de son âge, j'espère qu'il gardera de ça dans l'avenir : de la prudence, du recul, mais pas de peur. C'est une bonne attitude face à la vie et aux nombreuses inconnues auxquelles nous devons faire face.

Quoi qu'il en soit, vu qu'il aime l'escalier, plus il s'exercera, plus il sera habile et moins ce sera dangereux, je crois que c'est ça la clé pour éviter les accidents. 

Et puis comme toujours, l'exemple, nous ne courrons jamais dans l'escalier, nous nous tenons à la rampe le plus souvent possible. 

Grosso modo, je table sur encore 6 mois de surveillance de tous les instants, après, cela sera normalement bien acquis. 

Il n'a pas pris longtemps pour bien comprendre comment descendre du lit de maman ou de canapé : les pieds d'abord ! Alors que sa préférence était de plonger la tête la première ! 

Voir grandir et s'autonomiser un enfant est une des choses les plus impressionnantes et les plus grisantes qui soit. 

Quelques semaines plus tard, la barrière a été renforcée par du bricolage maison, le petit semble pour le moment incapable de l'ouvrir, pour autant qu'on oublie pas de la fermer, elle permet donc de relâcher un peu la vigilance quand on est dans l'espace en haut de l'escalier ... est-ce vraiment une bonne chose ? En tout cas, cela a un côté pratique, même si j'ai toujours dans le coin de la tête qu'elle pourrait céder ... Rien ne remplacera l'apprentissage.