mercredi 27 novembre 2013

Le bon âge pour la séparation

En matière de séparation, j'ai du me soumettre à la contrainte du travail, ce n'était pas vraiment un choix.

Cela ne m'a pas dispensé de réfléchir à l'âge le plus adapté pour cela !

Autrement dit, est-ce qu'un tout petit a besoin de quitter sa mère tôt, est-ce que cela lui apporte quelque chose de positif dans son développement ?

Je pense qu'avant un an, un bébé n'a pas besoin de "voir du monde". Il a besoin d'un environnement sécurisant, d'entendre toujours les mêmes voix, de voir très souvent les mêmes visages, même si d'autres rendent visite de temps en temps.

A partir d'un an, l'enfant commence à se déplacer de plus en plus, à être curieux, cependant il est curieux des objets, et pas tellement encore des personnes. Le mien est très attentif aux nouveaux visages, quand quelqu'un s'approche de lui, il est très observateur, concentré même, mais il n'a pas du tout envie de quitter mes bras.

A partir de 8 mois, on parle d'angoisse de la séparation, c'est chez nous un phénomène tout à fait palpable et réel. Il a besoin d'apprivoiser les gens avant de consentir à aller dans leurs bras. Et franchement je trouve ça bien !



J'avais lu un article qui relatait une expérience faite sur des enfants de 4 ans, ils étaient au parc avec leurs parents, les parents étaient distraits par un coup de fil, et un inconnu en tenue d'agent de police s'approchait de l'enfant pour lui demander de l'aider à chercher son chien, en moins de 2 min, l'enfant était convaincu de l'aider, et donc de le suivre, pourtant, c'était un parfait inconnu !

Les parents qui ont constaté le comportement de leurs enfants ont été très choqués ! Ils pensent répéter suffisamment qu'on ne parle pas aux inconnus. Peut-être que l'uniforme d'agent de police rassure un peu l'enfant, reste qu'on a tendance à croire que les gens dangereux ou malintentionnés ont l'air louche ou antipathique, la vérité c'est qu'il s'agit au départ de monsieur tout le monde, et souvent quelqu'un d'avenant et sympathique.
Et c'est cela qu'il faut expliquer aux enfants en âge de comprendre, et même de faire des jeux de rôle à ce sujet, pour que la bonne réaction ne soit même pas réfléchie, mais qu'elle soit devenue un réflex.



C'était la petite digression, pas si éloignée que cela pourtant !

Je ne pense pas qu'à un an ou même deux ans, un enfant puisse réellement jouer avec un autre enfant de son âge, ils sont dans la même pièce, mais à part se piquer les jouets, ils ne construisent pas un jeu ensemble. Cela peut être différent si un des deux enfants est plus grand et capable de s'adapter au plus petit, de diriger le jeu comme le ferait un adulte.

Pour moi, qu'un enfant n'aille pas à la crèche et commence à quitter ses parents lors de l'entrée à la maternelle, n'est donc pas un handicap pour sa sociabilisation. A 3 ans, il commence à se décentrer un peu de lui-même et de ses besoins, il devient petit à petit capable de supporter certaines frustrations et de les gérer, il commence à prendre conscience de l'impact de ses actions sur les autres, il devient plus capable d'une réelle empathie.

Reste que pour la séparation proprement dite, je me doute bien que si mon petit avait du commencer la crèche à 8 mois ou à 1 an, cela aurait été bien plus difficile pour lui que d'avoir commencé à 3 mois. En commençant à 3 mois, il a eu le temps de considérer ses puéricultrices comme des figures aussi familières presque que ses parents, il ne ressent donc pas l'angoisse de la séparation quand on le laisse à la crèche. Ce qui est tout différent quand on le laisse à la baby-sitter !

Pour résumer, je dirais que pour que l'enfant vive mieux l'angoisse de la séparation des 8 mois, il peut être une bonne chose de le confier régulièrement à une autre personne (toujours la même), que ce soit une crèche, une nounou ou une baby-sitter, ainsi cette personne lui est familière, et ce dès qu'il est petit. Maintenant, qu'il reste le plus possible avec ses parents est ce qu'il y a de mieux pour lui jusqu'à 3 ans. Les parents ont aussi besoin d'avoir du temps pour eux et pour leur couple et quand on a un petit dormeur, il n'y a pas d'autre choix que de le faire garder de temps en temps.

mardi 26 novembre 2013

Puériculture, acheter neuf ou d'occasion ?


Aujourd'hui, avec la crise, acheter d'occasion est devenu très tendance !

Certains le font dans le cadre d'une philosophie de vie basée sur l'écologie, la solidarité. D'autres y sont contraints par des nécessités économiques. 

J'ai lu un jour sur un forum une phrase tellement idiote qu'elle m'a fait rire : "Nous, nous avons tellement désiré notre enfant, c'est pas pour lui acheter du seconde main maintenant qu'il est là.

Comme si en achetant du seconde main pour son enfant cela signifierait qu'on l'aime moins, c'est quand même un comble. Donc les parents riches aiment forcément plus leurs enfants que tous ces pauvres qui achètent du seconde main, ou tous ces écolos qui sont partisans de donner une seconde vie à bien des objets du quotidien ? 

N'importe quoi ! L'amour ne se mesure pas en quantité d'argent qu'on dépense pour son enfant. L'amour se voit plutôt à la quantité d'attention, de disponibilité, à notre capacité à nous adapter aux besoins de l'enfant, notre capacité à nous remettre en question pour son bien, notre capacité à nous dépasser, à faire des efforts sur nous-même pour lui donner le meilleur, lui montrer le meilleur exemple possible. 

L'amour n'a rien à voir avec l'argent. Trop de parents divorcés essayent de compenser leur absence par une multitude de cadeaux, mais pour l'enfant cela ne remplacera jamais leur présence. 

Pour ma part, acheter d'occasion était un peu un choix guidé par les nécessités économiques, mais pas seulement, loin de là. J'ai constaté que le matériel de puériculture est relativement peu utilisé, ainsi on trouve du seconde main en excellent état ! Ainsi pourquoi payer le prix plein pour un produit quasi-similaire quand on peut payer seulement la moitié du prix ? 

J'ai horreur du gaspillage, et je préfère de loin avoir plus d'argent à dépenser quand cela comptera pour mon fils plutôt que de me ruiner aujourd'hui en vêtements de marque dont il n'a que faire ! Un bébé a besoin de se sentir à l'aise et d'avoir bien chaud. Un ado de 14 ans veut en plus donner une certaine image de lui, ainsi à son âge dépenser plus d'argent pour ses vêtements, son matériel, cela a un sens, un impact sur lui, à 3 mois, c'est loin d'être le cas. 

Évidemment, il y a certains produits qu'on achètera pas d'occasion : le siège-auto par exemple, ou le coussin d'allaitement. 

Je me suis aussi fait plaisir en achetant certains produits neufs parce que je ne trouvais pas ce que je cherchais en seconde main, ou parce que tout simplement cela me faisait plaisir à moi !

Il faut savoir aussi que le marché de la seconde main est de mieux en mieux organiser. En Belgique, on a la ligue des familles qui organisent des bourses aux vêtements et aux jouets.
Ligue des familles - bourses 

Il y a également le site http://www.petitepomme.be/ qui propose d'excellents produits pour un prix démocratique. 

Enfin, on a parfois des amies ou des membres de la famille qui ont des enfants un peu plus âgés que les nôtres et qui seraient ravies de vider leurs caves et grenier pour un prix d'ami à notre intention ! 

En cette matière donc, le bon sens et le plaisir doivent primer. On peut avoir de très beaux objets et vêtements pour pas cher, ce qui nous permet alors d'investir un peu plus pour d'autres produits qui nous tentent vraiment. Par exemple, j'ai investi dans un porte-bébé physiologique, le manduca,


et dans une chaise haute évolutive, la tripp trapp de Stokke.

Il est évidemment très difficile de trouver la tripp trapp en occasion vu qu'elle peut servir jusqu'à l'âge adulte ! Quant au manduca, je suis fan de la couleur bleu paon, et je compte avoir encore des enfants, donc l'investissement dans un produit neuf m'a paru une évidence, il sera bien rentabilisé ! 

En conclusion je dirais que, ce n'est pas parce que j'aurais eu plus de moyens financiers que j'aurais acheter davantage en neuf, certainement pas d'ailleurs.

"Propagande" autour de l'allaitement !

Aujourd'hui sur un forum, on m'a accusée de faire de la "propagande" en faveur de l'allaitement !
Vu sa forte connotation négative ce mot ne m'a pas plut du tout, mais au lieu d'en rester là, il fallait que je fouille davantage. 

Voici donc ce que dit le dictionnaire Trésor de la Langue Française du terme propagande : 

" Action psychologique qui met en œuvre tous les moyens d'information pour propager une doctrine, créer un mouvement d'opinion et susciter une décision."

"Entre l'information et la propagande, il y a au moins une différence de degré et d'intention. L'information se veut information, c'est-à-dire communication de données dont l'informé fera ce qu'il veut. Elle s'adresse à la seule intelligence qu'elle entend meubler de connaissances. L'intelligence jugera. La propagande se veut propagande, c'est-à-dire influence sur celui à qui elle s'adresse. Elle veut convaincre."

En lisant ces définitions, je me rend compte que le terme est déjà moins négatif que je le pensais !

Pour moi la propagande avait un côté manipulation, malhonnêteté, malveillance. Pour moi, la propagande se résumait aux mensonges que les nazis véhiculaient pendant la guerre que ce soit pour motiver leurs troupes, comme pour saper le moral de l'ennemi ! Pour moi, dans la propagande, on ne cherchait pas simplement à convaincre, on cherchait à manipuler et à convaincre en utilisant des mensonges, de fausses informations ! 

Si on veut m'accuser de promouvoir l'allaitement, et même avec un peu trop de vigueur, alors oui, je veux bien faire de la propagande !

On admettra que je le fais en toute bonne foi, en toute honnêteté et en diffusant des informations exactes, les plus fondées possibles !  



Pour moi, l'allaitement, c'est vraiment un enjeu majeur, tout comme le fait d'être suivie par une même sage-femme pendant tout son accouchement. 

Pour moi ce sont des aspects de la maternité qui sont vraiment fondamentaux parce qu'ils font une vraie différence à long terme sur la vie des enfants, et sur l'accouchement des mamans. 

Il y a des motifs raisonnables qui permettent de comprendre pourquoi certaines mamans ne souhaitent pas allaiter. Par contre, j'avoue qu'en l'absence de ces motifs, que certaines se cachent derrière le "pas envie", j'avoue que je ne comprends pas ! Et j'ai l'impression que ce "pas envie" existe surtout à cause de la réelle propagande faite par le lobby du lait en poudre ! Propagande (entendez désinformation) qui veut faire croire que le lait en poudre est aussi valable, aussi profitable à l'enfant que le lait maternel. 

Certaines mamans sont sincèrement convaincues de cela ! C'est quand même grave ! 

Et puis il y a l'aspect culturel et grégaire, comment s'imaginer allaiter soi-même quand on a jamais vu personne d'autre le faire avant soi ? Comment recevoir du soutien si toutes les copines, cousines, sœurs, voisines, mères ont toujours donné le biberon dès la naissance ?  

Alors qu'est-ce que j'appelle "motifs raisonnables" ?
- la peur d'allaiter en public, à cause d'une grande pudeur.
- la douleur
- le dégoût "physique" pour l'allaitement
- un horaire de travail trop prenant
- un métier incompatible avec l'allaitement
- une maladie incompatible avec l'allaitement
- un motif que je déplore fortement mais qui existe quand même : le conjoint opposé à l'allaitement
- ...

J'en ai peut-être oublié, ce sont ceux qui me viennent à l'esprit pour le moment! 

Vous l'aurez compris, ce n'est pas ce mot propagande qui va me dissuader de continuer ce que j'ai commencé : diffuser au maximum des informations correctes concernant l'allaitement, encourager, soutenir, toutes celles que je pourrai qui ont choisi de se lancer dans cette formidable aventure ! 

Évidemment, ce n'est pas à moi toute seule que je vais changer les choses, mais un milliard de petites initiatives mises bout à bout, cela produit un grand changement. Si chacun avait à cœur d'améliorer les choses de façon locale là où il se trouve, partout la terre tournerait plus rond ! 

Et puis j'aime cette phrase de Bertold Brecht : "Celui qui se bat risque de perdre, celui qui ne se bat pas a perdu d'avance."

jeudi 21 novembre 2013

La diversification alimentaire


Entre le très tôt et le très tard, il y a l'OMS : on recommande d'entamer la diversification alimentaire vers 6 mois tout en gardant le lait (maternel de préférence) comme aliment de base jusqu'à 2 ans !

Je crois qu'il est bien de se rappeler le but de la diversification alimentaire. Le but premier est de faire découvrir à l'enfant de nouvelles saveurs, de nouvelles textures. Ensuite, le but et de lui donner la possibilité de gagner en autonomie. Pouvoir manger par lui-même est une grande étape dans son chemin vers l'indépendance. 

Donc au départ, la diversification alimentaire n'a pas pour but de nourrir l'enfant, il est toujours très bien nourri par son lait, base de son alimentation. 

Ainsi nous ne devrions absolument pas au départ nous soucier des quantités qui finissent convenablement dans sa bouche et son système digestif ! 

Il est là d'abord et avant tout pour apprendre et pour découvrir, pour manger, il y a le lait ! 


Il y a les mamans qui n'ont pas peur de laisser salir et se salir, à celles-là, vraiment je dis chapeau, jusqu'à présent, j'y arrive pas trop. Pour moi, laisser le petit mettre de la nourriture partout sauf dans sa bouche, en plus de salir, c'est gaspiller, et j'y arrive pas !




Pourtant, je suis de plus en plus convaincue que c'est une étape nécessaire de son développement, et donc il faudrait que j'y parvienne, j'essaye petit à petit, mais c'est vraiment très dur pour moi.

Par contre, ce que je fais volontiers c'est le laisser jouer avec les couverts, apprendre à les manipuler, je le laisse même prendre un gobelet ou une petite bouteille d'eau et la mettre en bouche comme les grands, avec le bouchon ... 

On recommande également d'éviter le miel pour les touts-petits à cause des risques de botulisme, et d'éviter les fruits à coques à cause des possibles risques d'allergie. 

Normalement on ne donne pas de protéines avant 8 ou 9 mois. 

On devrait préférer les fruits et légumes bio, locaux et de saison afin de proposer la meilleure qualité au meilleur prix. 

Je recommande également à toutes les mamans de bien lire les étiquettes de composition et d'aller au delà du marketing !
Le marché des produits pour bébé est, autant que les autres, rempli de requins qui ne pensent qu'à faire de l'argent, ils n'ont donc aucun scrupules à inventer des produits hors de prix et sans intérêt nutritionnel : comme le lait de croissance (au delà des 1 an) et les céréales pour bébé hyper sucrées ! 

Sachez également que les purées faites maisons sont plus rassasiantes que les petits pots ! Il parait qu'il faut le double de petits pots pour que l'enfant obtienne la même sensation de satiété !

Certainement qu'ils ajoutent dedans des produits moins chers pour faire de la consistance mais qui ne nourrissent pas ! Encore et toujours pour se faire un max de fric ! C'est scandaleux, mais dans l'industrie agroalimentaire c'est ainsi que cela fonctionne. 

Et puis, il y a aussi ces mamans qui à partir de 6 mois donnent à leurs enfants des petits bouts à prendre en main de ce qu'elles mangent elles, mais sans sel. 

Et là aussi petit à petit l'enfant apprend à se débrouiller et à découvrir les saveurs qui plaisent à ses parents. Il est content d'avoir sa place à table parmi les grands et s'efforce de les imiter. 

Comme tous les apprentissages, il faut du temps, du calme et de la patience. Il est certain qu'il parviendra un jour à goûter à tout et à se nourrir seul, il y parviendra  à son rythme. 
Ce qui me semble important c'est de conserver le caractère convivial et agréable du repas. Manger ne doit pas devenir un enjeux ou un bras de fer.

mercredi 20 novembre 2013

Accoucher dans la torture


J'ai eu envie de réagir en lisant cet artricle : http://marieaccouchela.blog.lemonde.fr/2013/11/13/des-femmes-accouchent-meme-sous-la-torture/

Ceux et celles qui ont lu mon récit d'accouchement savent que pour ma part, j'ai vécu l'accouchement dont je rêvais, juste un peu plus long. J'ai eu le privilège d'être très bien accompagnée, et donc respectée.

Malheureusement ce n'est pas le cas de tout le monde.

Même si je ne partage pas l'avis de l'hauteur du blog ci-dessus qui pense que les tortures qu'on infligent aux femmes qui accouchent sont le résultats d'une volonté délibérée de dominer les femmes ; il me semble qu'il est urgent que les choses se passent autrement.

Comme elle l'explique très bien, le corps féminin est fait pour accoucher, ce début de nouvelle vie ne requiert pas de compétences particulières, juste un peu de bienveillance, de calme et de soutien.

Et c'est bien ce qui manque de de nombreuses salles d'accouchement : de la bienveillance, du calme et du soutien !

Plutôt que d'incriminer des personnes, je préfère ici incriminer un système, un protocol. Je suis convaincue que dans toutes les maternités il y a d'excellentes sage-femmes, d'excellents obstétriciens. Là n'est pas la question.

Ce qui doit, à mon sens, radicalement changé, c'est la prise en charge.

Il n'est pas normal qu'une même sage-femme doive s'occuper en même temps de plusieurs accouchements. Non, ce n'est pas du tout acceptable.

Si ce fondement là changeait, l'accouchement dans nos maternités serait totalement différent, bien plus humain, bien moins médical, moins stressant, moins difficile.

Une sage-femme pour une femme en train d'accoucher.

Et si il faut pour ça créer de l'emploi dans le secteur, et bien ce sera une bonne nouvelle ! Et si il faut pour ça qu'un hopital puisse appeler en renfort des sage-femmes indépendantes certains jours, et bien tant mieux ! Et si pour cela certaines femmes accouchent dans une simple chambre d'hopital et pas dans une salle d'accouchement, et bien c'est un moindre désagrément ! Après tout, pour un accouchement physiologique qui se passe bien, la chambre, pour autant qu'elle soit un peu spacieuse et un peu ergonomique, n'est pas inadaptée !

Une société humaniste protège les plus vulnérables quand ils en ont besoin, accoucher nous met dans une situation où nous sommes vulnérables, nous avons besoin qu'on nous fasse confiance, qu'on nous encourage, qu'on nous soutienne, et rien d'autre.

Nous n'avons pas besoin du monito en continu, pas besoin des touchers vaginaux intempestifs, pas besoin de bavardage, de lumières, d'allées et venues ...

Autrefois, il n'y a pas si longtemps, les femmes étaient rassurées à l'idée d'accoucher à la clinique, aujourd'hui, cela en rassure de moins en moins, et celles à qui on a volé leur accouchement hospitalier, tout ce dont elles rêvent à présent, c'est d'accoucher à la maison. Malheureusement, certains luttent pour qu'en France, cela ne soit plus possible.

C'est scandaleux.

Donner naissance est une des expériences les plus inoubliables, les plus enrichissantes, les plus extraordinaire qui soit. Cela nous change à jamais. Il ne faudrait pas que ce jour devienne le pire cauchemar de notre vie, non ce n'est pas une option.

Nos enfants ont le droit de naître dans la douceur, le respect et la quiétude. Nous leur devons bien ça.

On dit parfois qu'une société a la naissance qu'elle mérite. Bien sûr, nous n'avons pas de baguette magique pour que tout fonctionne comme cela nous plait. Pourtant, chacun à notre niveau, nous pouvons oeuvré dans le bon sens.

Pour ma part, dès que j'entends parlé d'une amie enceinte, je lui parle de sage-femme, de préparation à l'accouchement, d'haptonomie.

Trop peu de futurs parents ignorent encore qu'en Belgique, une sage-femme peut suivre une grossesse physiologique du début à la fin, être présente pour l'accouchement et le post-partum. Ce suivi est totalement pris en charge par la mutuelle quand la sage-femme est conventionnée. Il ne coûte donc absoluement rien.

Avoir sa propre sage-femme dans la salle d'accouchement, cela ne devrait pas être un lux, mais une évidence.



Qui choisit les cadeaux et leur quantité ?

Un autre vaste débat !

Je le dis tout de suite, j'ai la chance que nos proches soient raisonnables au niveau cadeaux, et comme nous ne fêtons pas la St Nicolas, Noël, Pâques et les anniversaires, la question ne se pose pas vraiment car il n'y a pas de cadeaux obligatoires.

La plupart du temps, quand un cadeau vient du coeur, il a été mûrement réfléchi pour faire plaisir, et en cas de doute, les parents ont été consulté, donc tout va bien.

Pour ceux de mes proches qui me lisent, pour les garçons, j'ai pas vraiment de resctrictions en matière de cadeaux, si ce n'est que je ne veux pas de playstation et autres consoles de jeux chez moi. Mais pour ça, il est encore trop petit !

Pour le moment, les cadeaux que je pense lui faire sont des livres adaptés à son âge, et des jeux d'imitation, oui parce qu'il est très intéressé par tous nos ustiles de cuisine et de nettoyage !

Et pour moi, les garçons aussi doivent apprendre à faire le ménage, donc tout ce qui est petite brosse, ramassette, cuillère en bois, casserole, rouleau à pâtisserie, surtout ne vous privez pas! 

Un autre truc que je trouve aussi très utile et ludique, c'est le lavabo à adapter sur la baignoire !



Quand il grandira, je pense que les légo, les kapla, les playmobils, le petit chimiste, le petit bricoleur sont d'excellents cadeaux, les ballons, balles de jonglerie aussi.
Sans oublier l'irremplaçable vélo, la trotinette et pourquoi pas le skateboard ou les rollers.

J'aimerais aussi qu'il s'essaye à l'art et à la musique, donc dans 4 ou 5 ans, on lui proposera des instruments, des aquarelles et des crayons ! Même si les crayons on commencera plus tôt bien sûr.


Pour les filles, le seul jeu que je ne veux pas recevoir, ce sont les fameuses barbies avec des corps impossibles ! Si ils se décident à fabriquer des barbies avec un corps féminin plus réel, alors pourquoi pas ... par contre je crois que ma soeur n'a jamais vraiment aimé les barbies, elle préférait les polypockets, et ça n'a jamais été un souci, il y a tellement de possiblités pour jouer !


Bien sûr les enfants ont besoin de jouer, souvent on constate que les jeux les plus simples et les moins chers sont les plus appréciés, inutiles donc de rivaliser de créativité pour trouver le plus cher, le plus rare, le plus sophistiqué.

Inutile également de les pourrir avec des quantités indécentes. Le mieux est toujours aussi de vous assurer qu'ils ne possèdent pas déjà ce que vous souhaitez offrir.


Pour ma part, quand ils ont déjà tout ce dont ils ont besoin, pour ceux qui veulent encore faire un cadeau, les vêtements c'est toujours très apprécié, ou alors le virement sur le compte épargne.


Un petit enfant ne coûte pas cher comparé aux souhaits et besoins d'un adolescent, ainsi, si à 18 ans il reçoit son compte épargne bien garni, il sera très content de pouvoir se payer l'auto-école, un beau voyage ou sa première voiture ! 

Jusqu'où peut aller la transmission des valeurs

Il parait, en tous cas c'est vrai pour certains parents, que mon enfant n'a pas de valeurs morales tant qu'il n'a pas la maturité pour choisir les siennes.

Je ne suis pas du tout de cet avis. Tant qu'il n'a pas la maturité pour se forger son propre système de valeurs, et bien il se contente du mien. Cela ne veut pas dire qu'on ne peut pas discuter, que je ne peux pas écouter son point de vue, remettre en cause ce que je défends.

Les valeurs morales sont un socle intéressant pour asseoir une ligne de conduite, un comportement en société qui permet de rester soi-même, tout en respectant autrui et en trouvant sa place.

Il est évident que bien des jeunes reprennent à leur compte les valeurs que leurs parents leur ont transmises, peut être pas toutes, mais la plupart, c'est tout à fait logique, et tant mieux d'ailleurs.

C'est un peu pareil que la pratique religieuse, la façon de s'habiller, de manger, le hobby pratiqué. Plusieurs de ces éléments se découvre en famille. Au départ, ce sont les parents qui emmènent leurs enfants au culte, ce sont les parents qui choisissent les vêtements, les parents qui préparent la nourriture, les parents qui proposent des hobbys.

Avec le temps, l'enfant découvre peut-être d'autres possibilités dans son cercle d'amis, il veut essayer de nouvelles choses, certaines peuvent lui plaire. Plus il grandit, plus ses parents vont lui donner de l'autonomie, de l'intépendance, et plus il devient adulte, plus il se passera de leur approbation pour faire ses propres choix.

Tout cela est parfaitement normal. Pourtant, il aura reçu un modèle de base, et il comparera tout ce qu'il pourra découvrir au modèle de base, un modèle qui agira comme un repère.

Ce pourquoi ce repère est à mon sens, absolument nécessaire.

Certes en grandissant, certaines valeurs de nos parents nous conviennent de moins en moins, on ne se les approprie pas, elles ne nous correspondent pas, cette maturation là aussi est normale, après tout, on devient de plus en plus capable de mettre les choses en perspectives, de penser par soi-même. On parvient à comprendre pourquoi et comment les parents ont intégré ces valeurs auxquelles nous n'adhérons plus.

Il est sain de se différencier de ses parents. Pour autant que ce ne soit pas dans un but de rébellion et d'affirmation de soi superficiel.

Les valeurs morales nous structurent, c'est soigneusement qu'il faut les choisir et se les approprier.

Enfance et pauvreté, impact écologique

J'ai lu ce matin dans le journal métro : La pauvreté est un affront aux droits de l'enfant.

Cette phrase m'a fait réagir, parce qu'à mon avis, celui qui l'a formulée n'a pas pensé aux dérives et autres raccourcis scabreux auxquels elle peut donner naissance !

Cela voudrait dire que seuls les riches peuvent se reproduire ?

A partir de quel revenu est-on pauvre ?

Désolée de le souligner, mais combien de gens riches se reproduisent en confiant leurs rejetons à une armée de nounous, baby-sitter, nurse, jeune fille au pair ?

Est-ce que c'est vraiment cela être parent ? Etre enceinte, accoucher et puis retourner fissa au travail pour payer l'appart dans un quartier chic, la maison de campagne, les deux voitures neuves de lux et les vacances 4 fois par an ?

Ce qui me choque beaucoup plus, et que je considère comme un affront aux droits de l'homme, c'est le gaspillage et la destruction de nourriture qui se font dans les pays riches, pendant qu'ailleurs 1 milliard de personnes ont faim tous les jours !

Ce que je trouve indécent c'est que les pays pauvres se font piller leurs richesses naturelles par les pays riches, avec l'accord de leurs gouvernements qui ne veillent absolument pas à leurs intérêts !

Ce que je trouve inacceptable c'est cette course effrénée à la surconsommation et à la destruction écologique de la planète, on scie la branche sur laquelle on est assis. Et si dès cet après-midi on ne devient pas plus écologiquement responsable, avoir un enfant sera un acte très cruel, parce qu'il ne disposera plus des ressources nécessaires pour se nourrir !

Alors qu'on ne se trompe pas de combat, qu'on ne mélange pas les priorités. Bien sûr tous les enfants devraient pouvoir manger, se laver, aller à l'école, vivre au chaud, tous les enfants méritent des parents aimants qui prennent bien soin d'eux.

Pourtant, pour moi, vouloir se battre pour la cause des enfants, tout en saccageant leur lieu de vie, cela n'a simplement aucun sens ! A quoi cela sert des droits si on n'a plus la possibilité matérielle de les exercer ?


Notre rôle à tous, pas seulement les parents, mais tous les citoyens, c'est de consommer mieux, de nous montrer responsables, et par notre comportement faire ainsi pression sur les autorités qui ont la responsabilité de prendre les décisions courageuses qui sont nécessaires.

Quelques bonnes habitudes et idées en vrac :

- Habiter proche de son lieu de travail de manière à s'y rendre à pied, en vélo ou en transport en commun.
- Choisir des électroménagers basse consommation (triple A), utiliser des ampoules économiques.
- Acheter un maximum de produits bios, si possible en circuits courts : le plus directement possible aux producteurs, locaux de préférence, manger les produits de saison.
- Ne pas partir en vacance en avion trop souvent.
- Pratiquer le covoiturage quand c'est possible.
- Limiter sa consommation de papier en choisissant les factures électroniques, en réfléchissant avant d'imprimer tout et n'importe quoi.
- Offrir des cadeaux dématérialisés qui ne prennent pas de place et ne consomment pas de CO2.
- Acheter en seconde main, vendre en seconde main.
- Concevoir sa maison pour qu'elle devienne "une maison passive" le plus possible : isoler, éteindre la lumière quand on est pas dans une pièce, ne pas gaspiller l'eau, installer des toilettes économiques, avoir une citerne d'eau de pluie, installer des panneaux solaires, ne pas trop chauffer, profiter au maximum de la lumière du jour, la nuit c'est fait pour dormir.
- Utiliser des produits d'entretien et autres cosmétiques biologiques de manière à ne pas polluer davantage les nappes phréatiques.
- N'utilisez une contraception hormonale que si c'est vraiment la seule solution.
- Trier ses déchets, recycler tout ce qui peut l'être.
- Ne pas laisser les appareils en mode veille, mais les éteindre complètement.

Tous ces petits gestes du quotidien, mis ensemble, répéter par des milliards d'êtres humains peuvent faire la différence, et peuvent même contraindre les industriels à aller dans notre sens !


N'oubliez jamais que l'industriel veut se faire de l'argent en vendant le plus possible. Si du jour au lendemain tout le monde ne mangeait plus que du bio, l'agriculture conventionnelle mourrait. Ce serait la fin de la pollution des sols, de la souffrance animale, ce serait un énorme pas en avant.

Alors oui aujourd'hui le bio est encore un peu plus cher. Pourtant sur le long terme, il est moins cher, comment cela ? Si on mange une nourriture de meilleure qualité, on n'est moins empoisonné, donc moins souvent malade, donc moins de frais médicaux ! Et même si en Belgique on a de bonnes mutuelles, personne n'aime être malade, et certaines maladies peuvent malgré tout, coûter très cher.

Si demain plus personne n'achète des appareils ménagers qui consomment un max d'électricité, les industriels vont se battre pour trouver des moyens de produire des appareils qui consomment toujours moins.

Si demain les gens ne remplace plus leur smartphone tous les 2 ans, mais tous les 5 ans, les industriels vont se battre pour inventer des modèles plus résistants, plus durables ...

Et c'est pareil également pour les vêtements, si tout le monde était prêt à mettre le prix pour des vêtements de qualité, qui durent, et refuse d'acheter des trucs sans forme produits au bout du monde par des enfants sous-payés ... et bien l'économie sera forcée de se réorganiser !

Nous ne sommes peut-être rien, à peine une goutte d'eau dans l'océan, pourtant les choix que nous faisons au quotiden, que nous transmettons à nos enfants, dont nous parlons avec nos proches, nos voisins, nos collègues, nos amis, tout cela, mis ensemble cela peut avoir un impact réel.

mardi 19 novembre 2013

L'homoparentalité

Je ne devrais pas avoir à écrire un tel papier.
Car pour moi, l'homosexualité ne devrait pas exister !

Le fait est qu'elle existe, et que bien que, physiologiquement dans une union stérile, bien des couples homosexuels aspirent à avoir des enfants !

Certains, comme les hétéros, sont prêts à tout pour cela, quitte à avoir un rapport sexuel utilitaire avec le sexe opposé.

Bien sûr, on ne devrait jamais accepter qu'un orphelin soit confié à un couple homosexuel. Par contre, homosexuel ou pas, un parent est un parent, et un parent biologique n'a pas à être privé de ses droits parentaux à cause de ses choix de vie.

Je sais que mon point de vue sera considéré comme rétrograde et peut-être même insultant pour les biens-pensants d'aujourd'hui qui lient leur propre morale, à l'air du temps.

Ma morale ne doit rien à l'air du temps, elle est fondée sur la Bible, entre autres.

Pour ce qui est de l'homoparentalité, il y a en plus du livre sacré, une réalité toute simple, évidente, biologique.

Une union homosexuelle est stérile. Il y a une bonne raison à cela, car la nature n'a rien laissé au hasard. Un enfant, pour construire solidement sa personnalité et son identité a besoin d'un couple hétérosexuel aimant et équilibré.
Ce couple est nécessaire à la conception de l'enfant, il l'est tout autant en ce qui concerne son éducation et son épanouissement futur.

C'est aussi simple que cela.

Dans la vie, on ne peut vouloir une chose et son contraire, il y a des choix à faire, des choix qui ont des conséquences. On ne peut pas faire un choix et lui souhaiter des conséquences différentes de celles qui en découle naturellement.

Qu'on me sorte le discours selon lequel c'est mieux un couple homo où l'enfant est bien traité qu'un couple hétéro où l'enfant est maltraité, je répondrai que c'est mieux un couple hétéro où l'enfant est bien traité, et heureusement, la plupart des couples adoptants s'occupent très bien de leur enfant ! Ils ont tant peiné et sacrifié pour l'avoir, c'est bien la moindre des choses.

Je suis tout aussi contre, et choquée, qu'on autorise maintenant les homosexuels à se marier !
Le mariage est une institution divine, sacrée, il a été prévu entre un homme et une femme, aucune autre formule n'est possible.

Je comprends qu'un conjoint homosexuel souhaite protéger légalement son conjoint en cas de décès, maladie ou autre, pour cela il y le contrat de cohabitation légale, le pacs, mais s'il vous plait, ne nous voler pas le mariage ! Il n'a pas été envisagé pour vous.

Je vais peut être loin, mais le mariage homo, cela me déplait autant que la pédophilie déguisée, où on unit un vieux de 50 ans avec une gamine de 15 ans ! C'est tout aussi mal assorti, cela ne ressemble en rien à un mariage : couronnement d'amour souscrit de son plein gré.

Entre autorité et autoritarisme

Pour peu qu'on évoque la communication non violente, ou la parentalité positive, respecteuse, bienveillante, on nous catalogue vite dans la catégorie : laxistes producteurs d'enfants-rois !

Et pourtant ! Rien n'est moins vrai ! Un enfant respecté est un enfant calme, bien dans ses baskets et donc coopératif.



Car, même si cela va en faire bondir plus d'un, pour ma part, je n'aspire pas à ce que mon enfant m'obéisse, je souhaite qu'il comprenne où est son bien-être, où est le mien, et pourquoi il y a des règles de sécurité et de politesse à respecter quand on vit ensemble.

Je souhaite que mon enfant agisse de son propre gré, et pas parce qu'il me craint, qu'il craint une punition ou pour obtenir une récompense !

Pour moi, l'autorité c'est un peu comme le charisme, c'est quelque chose que l'on acquiert naturellement grâce à notre compétence. J'ai la naïveté d'espérer que mon fils écoute ce que je lui dirai non pas parce que je pourrais crier ou punir, mais simplement parce que son expérience lui aura prouvé qu'on peut faire confiance à maman, elle sait ce qu'elle dit !

Certains trouveront ça utopique ... on en reparlera dans quelques années, je vous dirai comment les choses se passent concrètement, car maintenant c'est encore un peu tôt. Tout ce que je peux dire c'est que bbM est très attentif à ce qu'on dit, et à ce qu'on fait!

L'autorité ne devrait donc pas peser, ressembler à un fardeau ou à une chaine qui entrave.

[Mise à jour du 11-12-2013 Quand j'ai lu sur le site de l'Elfe, dans l'article l'Insoumission à l'école obligatoire, cette phrase de Catherine Baker, cela m'a touché : "L’autorité de l’adulte, c’est-à-dire le pouvoir d’imposer l’obéissance, découle de sa fonction (de son esclavage même). Il est, lui, à sa place, « parvenu au terme de sa croissance » comme dit le dictionnaire. L’enfant n’a pas encore eu le temps d’assimiler tout ce qui fera de lui un être artificiel." ]

En revanche, l'autoritarisme c'est différent. Ce terme évoque le parent qui passe son temps à crier et à régenter la vie de son enfant : où es-tu ? à qui as-tu parlé ? c'est qui celui-là ? range ta chambre immédiatement ! ramasse ! va au lit ! ne me parle pas sur ce ton ! donne ton jouet à ton frère !

Pour moi, un parent autoritaire fait tout sauf éduquer ! Avec un parent autoritaire, un enfant n'apprend rien d'autre que de cesser de réfléchir et éviter les coups. Il y a des choses plus importantes à apprendre pour s'insérer dans la société et y trouver sa place. Enfin c'est mon avis.

Le parent autoritaire réfléchit à la place de l'enfant et ne lui explique rien. Il s'attend à être obéi au doigt et à l'oeil, simplement "parce que c'est comme ça." Résultat, quand le parent est absent, l'enfant, un peu livré à lui-même n'a aucune conscience de ce qui se fait ou pas, du pourquoi ... et pour peu qu'il soit confronté à une situation un peu différente de celle qu'il vit avec ses parents, il est totalement perdu !

L'autoritarisme, cela ressemble davantage a du dressage, du formatage. Ce n'est en rien de l'éducation.

Et puis, il y a aussi ces enfants qui feront tout ce que le parent exige, simplement par peur de ne pas être aimé si ils ne le font pas.
Là aussi, c'est une dérive ! Notre amour n'est pas conditionné. Il ne devrait pas l'être ! Ce n'est pas parce qu'un enfant a un comportement inadapté qu'on devrait lui permettre de douter de notre amour. C'est certainement à ce moment-là qu'il a au contraire, le plus besoin d'être rassuré sur l'amour qu'on lui porte, envers et contre tout.

Car si un enfant a un comportement inadapté, c'est soit qu'on a mal évalué ses capacités et qu'il ne comprend pas encore comment faire autrement, soit qu'il est en souffrance et qu'il ne parvient pas à l'exprimer autrement.
Dans aucun cas, il ne devrait entendre la petite phrase assassine du chantage affectif : Tu es méchant, tu ne m'écoutes pas, qu'est-ce que j'ai fait pour avoir un pareil enfant, je voudrais bien le rapporter au magasin !



Un enfant respecté a d'excellentes chances de rester un adulte respectueux, de lui-même, des autres, de l'autorité en général. N'oublions jamais qu'aucun d'entre nous n'aime être contraint, humilié, dévalorisé, infantilisé. Aucun d'entre nous n'aime écouter le premier venu sans reconnaître sa légitimité et se plier à une consigne floue et incompréhensible. Alors pourquoi attendrions-nous cela de nos enfants ? Valent-ils moins que nous ?

(Mise à jour du 11-12-2013) Sur le thème de la violence éducative, un autre article que j'ai grandement apprécié, intitulé : Les petites claques.  

L'elfe y propose de réfléchir, je cite : "Comment est-il possible que la communication avec nos enfants implique nécessairement la violence physique exercée par nous et contre eux?
Ce qui revient, en fait, à nous demander pourquoi les rapports que nous entretenons avec les enfants sont structurellement violents.
Il me parait en fait aller de soi que si des rapports entre individus impliquent nécessairement des violences physiques, alors ces rapports sont déjà violents en eux-même, et ce même quand la violence physique n’intervient pas. L’acte de violence physique, même s’il est « modéré » et ne représente qu’une douleur passagère, ne constitue pas réellement une violence ponctuelle. Certes, il est physiquement ponctuel, mais il inscrit dans toute la relation dans un rapport de violence; de fait, constater que cet acte est nécessaire à la relation et à la communication avec l’enfant revient à admettre que la relation est structurellement violente, et que l’enfant doit le comprendre."


Je trouve également cela très juste quand elle dit plus bas :

"J’attire simplement l’attention sur le fait qu’en frappant nos enfants et en parlant à leur place, nous sapons leur confiance en eux, nous leur apprenons que leur corps ne leur appartient pas (mais ne considérons-nous pas alors qu’il nous appartient?), nous leur apprenons que leur intégrité physique ne compte pas; et d’une façon générale, la violence éducative, qu’elle soit physique ou non, consiste en grande part à nier les émotions et les sentiments des enfants et à leur apprendre que ce sont les adultes qui savent mieux à leur place ce qui est bon pour eux, ce qui leur fait du bien ou du mal. Autant de failles dans lesquelles peut s’engouffrer une personne malveillante pour abuser d’un enfant. Comment voulez-vous que les enfants soient armé pour faire face à des adultes dans ce monde, vu la façon dont nous les traitons en inférieurs?

C’est bien joli d’apprendre aux enfants les limites. Nos limites. Mais pourquoi le faire d’une façon qui méprise leurs limites? Pourquoi serions-nous les seuls à avoir des limites? Pourquoi imposons-nous nos limites en transgressant les leurs?

Peut-être devrions-nous plutôt leur apprendre que nous avons tous nos limites, qu’eux aussi ont leurs limites, et qu’ils ont le droit de les faire respecter, comme nous avons le droit de leur faire respecter les nôtres. Sans violence. Car oui, il y a des limites, et oui, les enfants doivent les apprendre. C’est la base d’une vie en société."


Cela me semble primordial d'aider l'enfant à apprendre à gérer ses propres émotions, donc certainement pas à les nier, mais à les accueillir, les nommer, les comprendre, et puis trouver la meilleure façon de les exprimer, c'est un long apprentissage, mais absolument essentiel et qui commence avant tout par l'exemple, vu leur énorme pouvoir d'imitation ! Comme nous n'avons pas été très habitué à cela, avoir des enfants est une occasion unique et donne une grande motivation pour s'y atteler sérieusement et sans tarder ! La confiance en soi est un cadeau à faire à nos enfants qui les préparera à aborder la vie dans les meilleures conditions. Tout ce qui la favorise, est bon à prendre, tout en cultivant la connaissance de soi, l'empathie et l'humilité.
J'aime rappeler cette phrase un peu slogan : "Il est plus facile d'élever des enfants forts que de réparer des adultes blessés" !

Je cite toujours l'Elfe mais dans cet autre article intitulé La première oppression :

Le problème n’est pas là, évidemment les enfants sont différents sur plusieurs points. Le problème c’est que ces différences justifient ces traitements. On me dira par exemple que les enfants pleurent plus souvent que les adultes, et que donc c’est normal de les laisser pleurer. Je ne suis pas d’accord. Certes, les enfants n’ont pas toujours la maturité nécessaire pour gérer leurs émotions, et donc il leur arrive d’exploser plus souvent. Ce n’est pas une raison pour les traiter comme si ces émotions n’existaient pas. Certes, c’est fatiguant, ça peut devenir épuisant, usant, insupportable. Néanmoins, je ne peux pas m’empêcher de me mettre à la place de l’enfant quand il manifeste sa détresse et que ses parents lui rient au nez, l’ignorent ou le disputent au lieu de lui montrer un peu d’empathie. Ce qui ne le fera peut-être pas cesser de pleurer, mais ça change beaucoup de choses. Je vous pose juste la question: imaginez que vous vous mettez à pleurer comme une fontaine à cause de quelque chose qui vous bouleverse, et qu’il y ait un proche près de vous, et que cette personne vous crie dessus, vous interdise de pleurer, vous ignore ou se moque de votre détresse, comment vous sentiriez-vous? A l’inverse, si cette personne vous montrait un peu de sollicitude, vous n’arrêteriez sans doute pas de pleurer immédiatement pour autant, mais franchement, vous ne vous sentiriez pas mieux? Songez maintenant que les enfants, eux, n’ont souvent personne d’autre que leur parents au monde et qu’ils sont en plein développement émotionnel. Imaginez ce que ressent un enfant à qui on interdit de pleurer ou qu’on punit parce qu’il pleure. Considérez le fait que sa personnalité et son estime de soi sont en train de se construire.
[...]
Ce qui me fait réagir ce ne sont pas des situations personnelles que je ne connais ni ne comprend, mais c’est la théorie absurde qu’on nous sert à toutes les sauces sur les enfants. Les enfants sont comme ci, les enfants sont comme ça, il est bon de laisser pleurer les enfants, les enfants font des caprices, les enfants sont pervers et manipulateurs et doivent être dressés, les enfants si on ne les dresse pas correctement deviennent des tyrans monstrueux…

Le dressage des enfants est une forme d’oppression de toute première importance.

Non seulement parce qu’il est, en soi, injuste et révoltant, comme toute oppression, mais parce que ses conséquences sont particulièrement dramatiques. En effet, c’est ce dressage (apprendre à obéir, à nier ses émotions et ses sentiments, à se taire) qui nous apprend que l’oppression est normale, que nous devons accepter de la subir, et qu’il n’y a aucune alternative. Ce dressage est généralement opéré par les personnes qui nous sont les plus chères, celles que nous aimons, ou du moins, dans tous les cas, celles dont nous dépendons entièrement,"
 
Dans les 4 accords toltèques, on parle de domestication, ici dressage, mais l'idée est la même. A présent, quand je lis ou j'entends quelqu'un parler d'un enfant qui "fait un caprice" cela me hérisse les oreilles, car comme le dit bien Filliozat, les caprices, c'est tout ce que l'adulte ne comprend pas.

Le livre C'est pour ton bien d'Alice Miller donne des exemples très clairs de ce que les pédagogues allemands adressaient comme messages aux parents, ils préparaient le terrain au chaos semé par Hitler !  

lundi 18 novembre 2013

Comment font les autres !

Il y a un phénomène que je constate de plus en plus quand il s'agit d'éducation des enfants, même quand on exprime simplement que nous, on fait autrement, les gens se sentent jugés, et imaginent qu'on les considère comme de mauvais parents !

Alors qu'on a rien dit, on a seulement exprimé une différence d'approche !

C'est dire si l'éducation est quelque chose qui tient à coeur, qui est lié à la structure interne de notre être.

Et c'est dire aussi combien, au lieu d'éducation "sur mesure" les gens sont habitués plutôt à un formatage de masse : tous pareils !

C'est justement ce que nous avons toujours voulu éviter pour notre fils. Pour le moment, il est seul, mais si un jour il a des frères et soeurs, nous ne les éduquerons pas de la même manière. Parce qu'il y a de grandes chances pour qu'ils aient des caractères très différents.

Par conséquent, si nous voulons transmettre les mêmes valeurs, nous devrons certainement nous y prendre autrement, d'une manière qui corresponde à cet autre enfant.

L'égalité, ou l'impartialité entre les enfants, ce n'est pas faire pareil pour tous, c'est faire ce dont chacun a besoin au moment où il en a besoin sans léser les autres !

C'est autrement plus compliqué, cela demande bien plus de créativité, de finesse et de discernement que de faire "tous pareils".

Pourtant, on leur doit bien ça ! Ils sont différents, auront des âges, des niveaux de compréhension, des besoins, des souhaits, des goûts différents ! Alors pourquoi vouloir niveler tout cela avec un "tous pareil" qui au final, ne conviendra à personne ?

Je le redis donc à tous ces parents qui me lisent, et à ceux avec qui j'aurai le plaisir de discuter en direct : si j'éduque autrement que vous, ce n'est pas que votre méthode est mauvaise, c'est qu'elle ne me convient pas, ou que trouve qu'elle ne convient pas à mon enfant !
Si elle vous convient à vous, surtout continuez sur votre lancée. Ce qui est certain c'est qu'on moissonne toujours ce que l'on a semé, mais avec les enfants, c'est souvent 20 ans plus tard, alors au moins, semons délibérément, selon notre propre intuition en faisant "nos propres erreurs" !

Je veux bien assumer les boomerangs de mes choix éducatifs, en revanche, je ne souhaite pas assumer les retours de flamme de vos choix éducatifs !

Ainsi chacun assume les retours de ce qu'il a donné.

Je cherche donc à être en accord avec moi-même et avec ma moitié sur le sujet.

Ne considérez-donc pas ma différence de méthode comme un jugement sur votre méthode, ce n'est pas le cas.


vendredi 15 novembre 2013

Le jour où j'ai laissé mon fils à la baby-sitter

Mon fils allait bientôt avoir un an, j'avais épuisé tous mes congés, mon mari devait aller à un rendez-vous important. Que faire ?

Une jeune amie s'était proposé de le garder quand nous en aurions besoin, cela ne durerait que 3h, on s'est dit pourquoi pas !

Sauf que le pitchoune ne l'a pas entendu de cette oreille. Je l'avais pourtant prévenu de ce qui allait se passer, et il connaissait un peu quand même la personne qui allait rester avec lui, mais rien n'y a fait ! Après une courte sieste, monsieur a pleuré, pleuré, pleuré, il était inconsolable, il ne s'est calmé que lorsque je suis arrivée, et ce en moins de 10 secondes !

Certainement que nous n'avions pas choisi le meilleur moment, l'angoisse de la séparation a commencé à le gagner, et la seule autre personne en dehors de son père ou sa mère capable de la calmer, c'est sa puéricultrice attitrée à la crèche, et oui, il la cotoie depuis ses 3 mois !

Donc, aussi étrange que cela puisse paraître, si vous souhaitez de temps en temps confier votre petiot à une baby-sitter, surtout commencez tôt et qu'il la voie souvent, ainsi il aura eu le temps de tisser une relation de confiance avec elle avant ses 8 mois et ce fameux point de départ des angoisses de séparation !

Et croyez-moi, je sais combien il est difficile de les lâcher ! Pourtant, on n'a pas toujours le choix, et puis en dehors de notre rôle de mère, nous restons aussi des femmes qui avons parfois besoin de décompresser, de nous sentir "femme" pour quelques heures, et pas seulement mère.

Non pas que ce ne soit pas satisfaisant et agréable d'être mère, simplement, nous ne nous résumons pas à cela, nous avons besoin que s'épanouissent nos différents talents, les différents aspects de notre personnalité, les différents rôles que nous jouons !

Peut-être cette impossibilité pour mon fils de se consoler en notre absence est-elle amplifiée par le fait qu'il n'ait pas encore choisi de doudou ! Nous en avions choisi un dès avant sa naissance, il est toujours dans son lit, il nous a accompagné à la maternité, mais il n'y a jamais prêter grande attention. J'ai même poussé la fantaisie jusqu'à lui acheter son jumeau pour qu'il en ait un à la crèche ! Il faudra que je m'en assure, mais je pense qu'il fait plus décoration qu'autre chose !

D'un côté, ça m'arrange, pas d'objet à ne jamais oublier ...

De l'autre, si cela pouvait le rassurer et lui faire accepter d'être gardé par une baby-sitter, ce ne serait pas plus mal !

Amour parental et amour fraternel

Il y a une nette différence entre l'amour qui unit une fratrie et l'amour des parents pour leurs enfants !

C'est pas le même amour, mais d'où viennent-ils ? Comment se construisent-ils ? 

L'amour pour ses enfants vient de l'amour qu'on a pour son conjoint, conjoint qu'on aime pour ce qu'il est, qu'on aime parce qu'on le connait. 

L'amour pour l'enfant qu'on attend est un prolongement, un couronnement de l'amour conjugal, il arrive d'office. Il y a beaucoup de naturel, d'évidence, d'instinct dans cet amour. 
  L'amour dans la fratrie se construit au fur et à mesure qu'on partage de bons moments, qu'on se sent complices, compris, complémentaires. Il se tisse au fil du temps. 

Si pour moi, l'amour des parents vis-à-vis de leurs enfants est un peu inné (évidemment en l'absence de traumatismes parentaux et de difficultés autour de l'accouchement), l'amour fraternel se construit au fur et à mesure qu'on s'apprivoise en partageant des activités ensemble.

On ne devrait donc pas exiger de notre aîné qu'il aime son cadet comme nous l'aimons, ce n'est pas son rôle, ce serait irréaliste. Et surtout, si le respect doit s'imposer, on ne peut contraindre à aimer, l'amour étant un sentiment qui provient du coeur !

En dehors de toutes ressemblances physiques, deux enfants sortis du même moule peuvent avoir des caractères très différents, des besoins très différents et ainsi éprouver des difficultés à se comprendre et à intéragir.

Si pour moi, à partir d'un certain âge du plus petit, les parents n'ont plus à jouer les arbitres, ils peuvent néanmoins donner des clés aux enfants, des outils, des méthodes afin qu'ils se comprennent mieux et puissent tisser des relations haronieuses.

L'intelligence émotionnelle s'apprend tout au long de la vie, il est normal que notre "grand" de 6 ans n'en ait pas encore acquis toutes les ficelles, et il est normal que son cadet en plein "terrible two" lui casse les pieds et finissent aussi par le mettre hors de lui.

J'avoue qu'en tant qu'enfant, l'amour qui unit une fratrie, je ne l'ai pas réellement expérimenté, dans ma propre fratrie, il y a du respect, de la cordialité, de la bienveillance, pourtant je ne trouve aujourd'hui rien d'aussi fort que l'amour. Cela viendra peut être un jour.

Pourtant j'ai des connaissances qui sont "en osmose" avec leurs frères et soeurs, c'est beau, cela fait envie, pour autant que chacun trouve sa place dans cette relation et que les deux restent malgré tout autonomes.

Nous avons tous notre caractère et parfois dans une fratrie, il y a de fortes complémentarités, il ne faudrait pourtant pas que les deux soient "inséparables", ou dépendants l'un de l'autre.

Même au sein d'une fratrie, tout en appréciant l'amour de l'autre à sa juste valeur, chacun devrait "se suffire à lui-même".

Et les enfants uniques alors, sont-ils lésés ? La Bible dit : il existe tel compagnon plus attaché qu'un frère !
Ainsi, si nos parents n'ont pas souhaité nous fabriquer un frère de sang, on peut toujours avoir des amis, des cousins avec qui tisser des liens forts, et ce, depuis l'enfance !

Parfois, on peine à s'entendre avec sa fratrie de sang, alors on peut se créer une famille de coeur, les liens deviennent forts quand on se donne la peine de les tisser avec des cordes solides, ils ne sont pas automatiquement plus forts parce qu'on se cotoie quotidiennement !

Combien de gens ne sympathisent jamais avec leurs collègues de travail à côté de qui ils sont pourtant 8h par jour plus de 250 jours par an.