vendredi 20 avril 2018

Le livre "Médias : influence, pouvoir, et fiabilité. A quoi peut-on se fier ? " Julien Lecomte


Pour introduire ce billet, je voudrais d'abord vous en expliquer la Genèse. 

Si vous avez lu mon précédent article, vous savez que je suis un certificat en gestion positive des conflits, le coordinateur de cette formation, n'est autre que l'auteur de ce livre. Notre rencontre eu lieu en ces circonstances et c'est au détour d'une conversation que j'ai appris que notre coordinateur était également auteur, ma curiosité (pour le sujet, pour le travail d'auteur) me fera savourer, engloutir, digérer son opus ! 


Vous pouvez découvrir la présentation de Julien Lecomte sur son blog : 

La lisibilité du livre est augmentée grâce à une structure énoncée de façon limpide, histoire de ne pas se perdre en route. Il s'agit d'un livre solidement documenté, qui témoigne d'une réelle rigueur intellectuelle. Le vocabulaire précis est au service de phrases claires. 

Vraiment c'est un livre que je vous recommande, et que je recommande à tous les adolescents qui veulent être des citoyens autonomes critiques et responsables pour créer le monde de demain ! 

Sachant tout cela, moi qui n'ait pas l'habitude de nourri des complexes, j'ai trouvé mon petit blog bien amateur en comparaison au sien, ma culture bien mince et mon niveau de langage définitivement plus bas que le sien, et surtout quand j'ai appris que la rédaction de ce livre avait pris plus de 18 mois, je me suis mis en tête que je ne pouvais pas me contenter d'un billet rédigé en quelques minutes, que ce serait presque irrespectueux ...

J'ai d'abord lu le livre en entier avant de le reprendre "en diagonale" pour reprendre les citations dont je voulais garder une trace. En vous les partageant, mon but est que certaines questions et réflexions me reviennent à l'esprit à chaque fois que je suis confrontée aux médias. 

Seulement voilà, en me créant un complexe et en me mettant la pression en me comparant, je ne parvenais pas à trouver l'énergie, l'élan pour l'écrire enfin ce billet ! Je ne saurais même plus dire depuis combien de temps je monopolise l'exemplaire de la bibliothèque de l'Université de Paix, il était temps que je me défasse de ces croyances limitantes pour commettre mon forfait. 
"Je fais de mon mieux, avec mes circonstances présentes, avec mes aptitudes, ma disponibilité, mes objectifs, nous sommes tous différents, alors me comparer à quelqu'un d'autre ne nourrit pas la vie, j'arrêtes ici." 

J'ai devant moi 6 pages A4 de notes, qui s'arrêtent à la page 107 de son livre qui en compte 250, je m'arrêtes là. 

Mes notes personnelles s'intitules "Ce que je retiens du livre Médias : influence, pouvoir et fiabilité. A quoi peut-on se fier ?

Je vous les recopie uniquement ici. Par moment ce que j'écris paraphrase légèrement, mais vous pourrez vérifier mon honnêteté intellectuelle, si j'ai fait l'un ou l'autre raccourci, je n'ai, j'espère, pas trahi son propos. 

"Le rejet radical comme la confiance aveugle sont des extrêmes à proscrire". 

Le plus important étant de se poser des question pour juger de la fiabilité de ce qu'on lit, et cela au moyen d'une matière que j'ai découverte au cours de mes études secondaires dans un certain collège réputé jésuite liégeois avec lequel Julien avait aussi quelques liens ! Il s'agit de la critique historique.

On distingue la critique interne de l'externe. 

L'interne interroge l'autorité de l'auteur, est-il validé par ses pairs, compétent, exact et sincère ? Elle tente aussi une interprétation. 

La critique externe vérifie l'authenticité, la provenance et l'originalité.

"Qui, Quand, Comment, Quoi, Pourquoi, autrement dit : 
Qui dit quoi à qui par quel moyen et avec quel effet? 

sont les question importantes à se poser devant n'importe quel document dont on questionne la fiabilité. On distingue donc un émetteur, un message (contenu), un canal, un récepteur (supposé ou réel) un contexte ainsi que des buts, intentions, et effets potentiels. 

P.33 Sachant qu'une majorité politique a un pouvoir sur une partie de l'argent que la télévision reçoit pour fonctionner, les journalistes ne vont-ils pas réfléchir à deux fois avant d'envisager de trop l'égratigner ?

P.37 Un sondage montre une tendance à la méfiance vis à vis des médias, en France en 2011, 63% des personnes sondées estiment que les journalistes ne sont pas indépendants des pressions politiques, et 58% su même avis sur les pressions financières. 

Posons-nous la question : Quelle est la confiance que j'accorde aux médias ? 

P.41 Les médias mettent en forme les contenus, ils fabriquent l'information. Trois idéologies sous-tendent cette fabrication : 
- la transparence : la communication refléterait parfaitement tous les points de vue et toutes les pensées sans les déformer.
- la critique spectaculaire du spectacle : beaucoup d'émissions proposent de décrypter les médias et leur système. 
- le règne de l'opinion : toutes les opinions devraient être traitées équitablement. 

Les raisons de cette mise en forme sont les suivantes : 
- séduire le public grâce à l'effet d'annonce et à la dramatisation. 
- paraître professionnel
- gérer les scoops et les urgences
- en presse écrite, respecter environ 3000 signes par page
- en télévision, respecter la durée d'une émission, avec parfois des interviews de quelques secondes. 
- choisir des événements à traiter en fonction du coût et de la proximité.  

P.44 La production médiatique se doit de prendre en compte son public dans sa conception. 

Par exemple, l'émission Bye Bye Belgium (alors que quand même, l'Union fait la force !!!! ) destinée à faire réfléchir aurait-elle eu un tel retentissement si elle avait été présentée sous la forme d'un débat traditionnel ? 
Jusqu'où peut-on édulcorer l'information pour la rendre plus digeste ?

P.45 Les médias se feraient l'échos d'idées préconçues [...] qui relèveraient moins d'erreurs ou de tentatives de tromper que de délits de bonne foi. 
Si le documentaire Bye Bye Belgium était un coup monté présenté comme tel au fil de l'émission, qu'en est-il des positionnements culturels et idéologies implicites qui orientent ou corroborent les vision du monde les moins remises en cause ? 

P.45 Pour Ricoeur, une idéologie fonctionne d'autant mieux que sa dissimulation d'elle-même est forte ! 

P.46 Lorsqu'un discours semble "neutre" "évident" et justement pour cette raison, il est intéressant de s'interroger en profondeur et de comprendre les présupposés qui l'animent. 

Interrogeons nos propres préconceptions du réel ! Ce qui sous-tend nos discours, plus on considère son avis comme allant de soi, plus il y a de chances qu'il se base sur des présupposés qu'on ne remet pas en doute. 

P.47 "Il est matériellement impossible d'informer sur tout ce qui se passe partout dans le monde", d'où la nécessité d'un CHOIX, d'un TRI, ce choix tient compte des contraintes du producteur du contenu ainsi que de celles du public à qui elle est destinée. Il en résulte une occultation des faits du monde à traiter. Les médias ne colportent jamais de l'information pure et complète, au contraire les médias nous suggèrent leurs sujets ; ce qui se dit dans les médias ce sont les sujets de conversations de leurs publics. 

P.48 Qu'est-ce qui justifie l'importance que les médias donnent à certains sujets ? 

Les prises de position implicites par rapport à l'information peuvent se traduire également par des généralisation, des raccourcis et autres glissements de sens via des effets de métaphore (soleil de plomb, puits de science, éclairer la réalité) et de métonymies (boire un verre, on en boit le contenu !) Le vocabulaire utilisé n'est pas anodin !

P.52 Il s'agit également d'identifier les failles logiques et la rhétorique. La rhétorique fait intervenir les interlocuteurs, leurs buts et relations, un argument est bon si il parvient à convaincre, la "vérité" importe peu. 

P.56 On ne traite pas l'information dans les médias de la même façon au Nord et au Sud du pays (Belgique) En 2011, dans les médias on assistait à un ping-pong basé sur les aspirations différentes des deux communautés : "Les Flamand demandent une réformer profonde du fonctionnement de l'état et les Wallons répondent qu'ils ne veulent pas la fin de la Belgique." 

P.63 Un petit détour par la sémiologie (l'étude des signes, c'est à dire la plus petite partie signifiante d'un langage, un mot est donc un signe, mais pas une lettre. 

P.64 La dénotation et la connotation correspondent à 2 niveaux de sens d'un même signe. La dénotation donne le sens explicite, la connotation évoque le sens figuré, le contexte est important. 

P.84 Les médias influencent le public, comme le public influence les médiats, ils seraient le reflet de l'opinion et des valeurs qui font consensus à un moment donné. 

P.85 Afin de prolonger la réflexion critique on peut interroger la société dans laquelle émergent les faits et les événements et propos médiatiques ; on devrait prêter attention à la logique économique de certains médias qui ne font que véhiculer des clichés. 

P.87 La nouvelle propagande est économique, les pubs représentent un enjeu majeur des médias actuellement. 

Ce lien pose les questions du lobbying, des industries culturelles. Afin de critiquer une source, il serait approprier de répondre à la question : Qui dit quoi pourquoi ??? 

Il s'agit de discerner si l'auteur ne cherche pas à convaincre au lieu d'informer. 

P.100 En analysant des slogans publicitaires comme "demandez plus à votre argent" "demandez plus à la vie". On peut émettre l'hypothèse qu'on renforce ici la logique qui associe le bonheur au "toujours plus". En diffusant ces slogans, les médias alimenteraient le capitalisme. 

P.107 En France, les dépenses de communication des annonceurs semblent globalement diminuer en raison notamment de la connotation négative de la publicité dans le sens commun. Depuis les années 2000, de plus en plus de publicités insistent sur des valeurs non marchandes (création de sens, partage, solidarité) au profit du secteur marchand. 

En matière de pub, le public est une cible à qui plaire, il est une marchandise pour les annonceurs. Lorsque la source de financement d'un média (comme facebook) est la publicité, les chiffres de l'audience sont proportionnels à ceux des recettes. 


En guise de conclusion : 

P.223 "La pensée critique n'est pas un acquis une fois pour toutes [...] elle se travaille et s'expérimente." 

P.224 "Il s'agit d'être dans la nuance par rapport aux attitudes de confiance ou de méfiance vis-à-vis des médias." 

P.225 "Ce processus de prise de distance et d'évaluation de ses propres usages et prises de position suppose l'autonomie de la pensée critique, c'est à dire une pensée qui refuserait ses assertions simplistes au profit d'une démarche humble. Il s'agirait d'un esprit au clair avec ses propres jugements et partis pris, qui en tiendrait compte pour tâcher d'analyser l'information le plus honnêtement possible, en faisant droit à la complexité du monde." 

Sur ce, je vous souhaite à tous un questionnement constructif et une attitude ouverte et prudente vis à vis des médias. 





lundi 5 mars 2018

Mon chemin en gestion de conflits

Depuis septembre 2017, j'ai l'immense privilège d'avoir été acceptée dans le certificat en gestion positive des conflits interpersonnels de l'Université de Paix à Namur. 

C'est un privilège car nous ne sommes que 20 participants par an à pouvoir bénéficier de cette formation. 

L'intérêt de cette formation est triple. Evidemment le contenu est passionnant, jugez vous-mêmes : 
1°) Comprendre et expérimenter nos attitudes en conflit
2°) Agir sur nos croyances limitantes
3°) Accueillir les émotions et pratiquer l'écoute
4°) Introduction à la Communication Non violente
5°) Pouvoir s'affirmer
6°) Le pouvoir et moi
7°) Pratique de négociation
8°) Être tiers dans un conflit (sur base de techniques de la médiation)
9°) Training

https://www.universitedepaix.org/formations/certificats-longue-duree/certificat-en-gestion-positive-des-conflits-interpersonnels



Le 2e bénéfice se situe au niveau de la qualité des formateurs, ils ont tous atteint un haut niveau de maîtrise de leur sujet, et cela se mesure surtout en savoir être, c'est bien entendu crucial pour ce genre de contenu. 

Et enfin le 3e avantage et non des moindres :  nous ! Les participants, nous avons tous investis dans cette formation, nous sommes tous en chemin pour améliorer nos relations humaines, nous venons tous avec nos histoires, nos attentes, mais aussi notre souhait de construire un monde avec plus de bienveillance, et donc nous nous l'offrons les uns aux autres et cela, c'est une vraie force. 

Nous avons tous des vies bien remplies et parfois éprouvante, la météo du moral qu'on fait le samedi est parfois mitigée, certains vivent des deuils et autres moments difficiles, mais chaque dimanche quand on se retrouve, ceux qui étaient dans le trouble se retrouvent reboostés. 

C'est réellement une formidable aventure humaine, de l'argent bien investi. 

Je ne vais pas partager ici tous les outils que j'ai pu découvrir, je ne voudrais pas tout dévoiler et ainsi vous faire croire qu'il n'est pas utile d'aller en formation car apprendre la théorie sur un outil ne remplacera jamais ce qui se vit en temps réel, avec les formateurs, avec le groupe. 

Je voudrais simplement partager quelques bribes qui occupent souvent mes pensées et ont ainsi permis des améliorations dans mes relations, et ainsi augmenter ma joie de vivre au quotidien. 

La distinction faits - jugements 

Distinguer les faits des jugements est effet capital pour amorcer une discussion sereinement, ou pour formuler une demande claire à son enfant qui laisse trainer ses jouets ou à son collègue qui vous envoie des e-mails avec des notes soulignées en rouge ! 

Si j'écris : "Tu laisses toujours traîner tes affaires partout." ou "J'en ai assez que tu m'infantilises". Vous n'aurez aucun mal à identifier qu'il s'agit de jugements, alors comment les transformer en faits, en observations les plus objectives possibles. 

" Je vois ton manteau sur le sol de l'entrée et ta paire de basket en travers du paillasson." 
" Quand tu écris des remarques soulignées en rouge dans un e-mail j'ai l'impression de recevoir une note de la part de mon institutrice à l'école primaire."  

Cela parait simple comme cela, mais on a tellement l'habitude d'utiliser des adverbes très définitifs (toujours, jamais) ou très imprécis (parfois, souvent) qu'on n'y prête même plus attention. Quand on prend un peu de recul on prend conscience que c'est assez injuste d'infliger de telles évaluations et bien souvent, cela n'apporte pas les résultats souhaités. 

L'écoute et la reformulation

Ecouter est un art difficile quand on est soi-même en prises avec de vives émotions. Pour ma part, je peux admettre que lorsque que ce que dit l'autre vient appuyer sur des points sensibles, je dois faire un énorme effort sur moi-même pour rester dans l'écoute. L'objectif de devoir reformuler (et que donc l'autre fasse des pauses pour me le permettre) m'aide à rester concentrée, à rester dans son monde en essayant tant bien que mal de faire abstraction du mien pour un moment. Ecouter attentivement et le coeur ouvert est un cadeau magnifique. Je pense qu'offrir cette qualité d'écoute est trop rare dans nos vies quotidiennes surbookées, je me surprend bien souvent à n'écouter mon fils que d'une oreille, alors je me ramène à la raison, j'éteins mon écran, je lève les yeux de mon smartphone et je m'applique à l'écouter vraiment. Je repense souvent à cette petite histoire lue sur facebook d'un enfant qui avait expliqué dans sa rédaction qu'il rêvait d'être un smartphone pour recevoir davantage d'attention de la part de ses parents, c'était tellement triste. 

Une reformulation pas en mode "perroquet" mais en synthétisant les points importants montre que l'on a vraiment compris ce que l'autre a dit, et cette compréhension amène souvent un grand soulagement. 

Le cône de disponibilité 



Pouvoir situer où  nous en sommes dans ce cône permet aussi de remettre une discussion à plus tard, ou de mesurer précisément où l'autre en est pour être prêt ce qui est nécessaire pour lui en cet instant. C'est vraiment un formidable outil. Même si on l'utilise mentalement et seul. 

Identification des besoins selon la communication non violente

Les besoins en CNV sont assimilés à des souhaits, des aspirations profondes, ces besoins sont partagés par tous les humains quelque que soit leur âge, leur culture, leur milieu social, et quand on met le doigt sur le besoin réel de l'autre, il se détend et on peut alors vivre une connexion, de cœur à cœur qui vivifie nos relations et colore notre vie. 

Ce qui diffère ce sont les stratégies que chacun adopte pour nourrir ses aspirations profondes, l'intensité de tel ou tel besoin à l'instant T et la personne qu'on rend responsable de combler notre besoin. En CNV, on est conscient que notre besoin nous appartient et que si on peut faire une demande claire à l'autre pour qu'il contribue à le nourrir, il n'y est nullement contraint. 

En guise de conclusion, je dirais que si on parvient à 'écouter attentivement, qu'on vérifie dans quelle mesure l'autre et moi sommes disponibles pour la conversation, qu'on parvient à distinguer les faits des jugements et qu'on discerne les aspirations profondes des uns et des autres, on construit jours après jours des relations saines, authentiques, enrichissantes qui guérissent le monde et propagent des ondes positives. 

"Le meilleur moyen de poursuivre un conflit, 
c'est de chercher qui a raison et qui a commencé". 

mardi 19 septembre 2017

Les malheurs des enfants d'aujourd'hui

Tout à l'heure, je suis tombée sur un article qui parlait des dangers qui guettent les enfants d'aujourd'hui. 

J'ai commencé à le lire, et je n'ai pas du tout aimé le ton. 

Bien qu'il mette en garde contre des pièges qu'il serait bon d'éviter. 

Nos enfants sont trop tôt et trop longtemps confrontés aux écrans, ils ont besoin de grand air, de jeux en famille, de participer aux tâches de la vie quotidienne avec nous. Ils ont besoin de créer de leurs mains. 

Nos enfants apprécient facilement la nourriture industrielle et tombent dans le panneau d'un packaging attrayant, alors qu'ils devraient manger davantage de fait-maison et cuisiner avec nous, ainsi nous pouvons leur transmettre les principes de diététique de base, ainsi que des connaissances de recette pour ne pas être affamés quand un jour, ils vivront seuls ! 

Nos enfants n'ont pas assez souvent notre attention exclusive, et non, nous aussi nous sommes occupés à mille choses et surtout devant trop d'écrans aussi. 

Sur facebook circulait une petite histoire d'une instit qui avait demandé aux enfants d'écrire une rédaction pour expliquer quel est leur plus grand souhait. Un enfant avait écrit qu'il rêvait d'être un smartphone, parce que le smartphone recevait bien plus d'attention de la part de ses parents que lui !

Cette anecdote est là pour nous rappeler que le temps passé avec nos enfants devrait aussi régulièrement être du temps de qualité, où ils reçoivent notre attention exclusive, cette attention qui remplit leur réservoir affectif et nourrit la complicité, la joie ! 

Une autre vidéo demandait aux enfants ce qu'ils voulaient recevoir comme cadeau, la majorité des enfants n'ont pas demandé de nouveaux jouets coûteux, ils ont demandé du temps en famille ! 

J'aime le proverbe qui dit que "nos enfants sont nos maîtres", maîtres en sagesse, ils sont plus proches du sens de la vie que nous le sommes, ils sentent ce qui est le plus important, et ça ne s'achète pas ! 

Cela ne sert à rien de culpabiliser les parents avec tout ce qu'ils font de mal parce qu'ils sont trop épuisés, occupés, et parfois même dépassés. 

Les parents ont beaucoup sur leurs épaules car la société ne leur facilite pas la vie. Alors si vous voyez un gosse devant un écran, ou un parent en train de hurler, au lieu de juger, offrez un peu d'empathie, quelques heures de baby-sitting ... c'est ce dont ils ont besoin, car aussi imparfaits qu'ils soient, la majorité des parents font de leur mieux, et préfèreraient ne pas utiliser de dessins animés ou de plats préparés !  

Pourquoi je n'en peux plus des jobs "alimentaires"


En revenant sur mon blog, je n'avais pas dans l'idée d'écrire sur le travail, mais bien sur la parentalité. 

Reste que le dernier article publié m'impose d'écrire celui-ci, avant de passer à autre chose. 

J'avais donc repris le travail fin mars. Puis j'ai encore eu 15 jours de vacances de Pâques avec mon fils avant de trouver une mission d'intérim plus longue. 

C'était une mission temps plein, dans le businesscredit center d'une banque, bien payé, pas trop loin de chez moi et avec des collègues sympas. 

Pourtant, je n'aurais pas du accepter cette mission. Et ce pour plusieurs raisons, que j'identifie maintenant avec clarté. 

La première c'est qu'un temps plein, en ce moment, c'est trop pour moi. J'ai besoin de temps pour ma thérapie, pour réfléchir, me centrer, et me reposer. 8h par jour au boulot plus les trajets, ça m'oblige à courir constamment, mon fils a de longues journées, ce n'est pas vivre ça, c'est une course contre la montre, métro - boulot - dodo. Ca ne me nourrit pas, ça m'épuise. 

La deuxième, un job hyper sédentaire, ben oui quand on dispatch des e-mails toutes les journées, on n'a pas beaucoup de raisons de se lever, de marcher, de bouger un peu ... ce n'est définitivement plus pour moi non plus. Depuis presqu'un mois que cette mission s'est achevée, à raison d'une séance par semaine, ma kiné n'a pas encore réussi à m'enlever tous le stress qui partait de ma main droite pour monter jusqu'à mon épaule ! Affligeant non ? 

La troisième, accepter un job très répétitif et un peu ennuyeux simplement parce que c'est dans mes possibilités, et que mon expérience professionnelle et mon diplôme m'offrent ce genre de perspectives, cela ne me permet pas de trouver la motivation de me lever le matin suffisamment tôt, suffisamment longtemps pour que mon patron soit satisfait. 

Je ne suis pas en train de dire que je n'accepterai jamais plus rien d'autre que le job de mes rêves. Et à vrai dire, je ne sais pas exactement ce que c'est le job de mes rêves. Par contre, je sais au moins ce que je ne veux plus ! 

C'est déjà cela. Il y a quelques temps, j'avais retrouvé un petit questionnaire facebook qui me demandait, si vous pouviez faire le job de vos rêves, quel serait-il ? Et j'avais répondu que si je pouvais faire ce que je voulais, j'essayerais différentes choses, jusqu'à trouver ce qui me correspond vraiment, et certainement que ce serait plusieurs métiers différents, et pas un seul ! 

Je sais aujourd'hui, que j'ai besoin d'une activité qui me permet de rendre le monde meilleur, et que je n'aime pas la sédentarité, c'est mauvais pour moi. Quand je regarde le travail de Marshall Rosemberg, le père de la communication non violente, et l'aide qu'il a apportée partout dans le monde, en accompagnant des ennemis à se comprendre et à se rapprocher pour faire éclore la paix, cela me fait vraiment envie. 


mercredi 22 mars 2017

Reprendre le chemin du travail


Aujourd'hui, je reprends le travail, que j'avais laissé de côté depuis un peu plus d'un an.

Et je dois dire que ce matin, je me sentais légère, heureuse, impatiente, presque euphorique.

Le ciel était bleu, j'avais commencé en musique avec Shape on you d'Ed Sheeran, la journée s'annonçait très bien.

Jusqu'à ce que j'arrive à la gare de Bruxelles Midi, et que je vois les militaires. Là tout d'un coup, je me suis rappelé qu'on était le 22 mars, et que le monde avait changé, mon monde, ma ville. 

Cela ne change rien au fait que je suis contente de reprendre le travail, même si ce n'est que pour, a priori, 3 jours d'intérim. Mais je n'ai pas trop envie de rester longtemps sur Bruxelles. 

Ici c'est vrai, c'est décentré, et je traverse un parc pour arriver, l'ambiance est détendue. 

Pourtant, les militaires dans les rues, non vraiment, cela me plombe le moral, et bien entendu, cela ne sert à rien, j'ai entendu un colonel le dire aux infos. 

Aujourd'hui, c'est pour moi l'heure du bilan. Qui suis-je après l'épisode burn-out ?

Et bien je suis plutôt contente de qui je deviens, une femme connectée à elle-même, qui a toujours envie d'être dans les relations, mais qui n'en a plus un besoin viscéral. 
Quelqu'un qui aime mieux, qui s'aime mieux elle-même, qui tente de faire le deuil de ce qu'elle n'a pas reçu enfant, et de se l'offrir à elle-même, vu qu'elle a pris conscience qu'elle est capable de donner à son fils, ce qu'elle n'a pas reçu. Et ca me rend fière, fière de faire mieux, pas pour me sentir supérieure, mais pour sentir que j'avance, que je romps la chaine de la souffrance et ça, ça me remplit de joie. 

Donc je suis davantage moi-même, plus construite à l'intérieur, plus équilibrée, plus ancrée. Le travail n'est pas encore achevé, bien sûr, il y aura encore des étapes à franchir, mais je sais que j'avance dans le bon chemin, mon chemin, celui que je ressens, celui que je choisis, pas celui sur lequel autrui voudrait que j'aille. Donc je me sens légère et joyeuse. 

La reprise du travail intervient dans la même logique, au moment opportun, au moment où j'étais prête, pas au moment où le médecin conseil de la mutuelle a décidé que je devrais. 




samedi 18 mars 2017

Formations à l'Université de Paix


L'université de paix est une association fondée par Dominique Pire, celui qui a aussi inventé les îles de Paix. 




Elle propose de nombreuses formations axées sur la communication, la médiation, la gestion des émotions. Notamment le programme "Graines de médiateurs" à destination des enfants de primaire.

Cela faisait déjà longtemps que je souhaitais suivre des formations chez eux.

En janvier 2017, j'ai enfin franchi le pas. 

Le premier module de 2 jours que j'ai suivi s'intitule : Comprendre et Expérimenter les attitudes en conflit. 

Pour quelqu'un comme moi, qui a grandi au milieu d'un conflit parental insoluble, les échanges entre participantes, ainsi que les grilles d'analyse fournies par la formatrice étaient vraiment éclairants. 

Comme je le sentais sans y mettre de mots, le conflit est à la fois un risque (de briser la relation) et une opportunité (de grandir, de s'affirmer, de consolider le lien). 

Tout dépend de la façon dont on parvient à le gérer.

Il y a principalement 5 Attitudes en conflit, aucune n'est bonne au mauvaise, chacune a son utilité, et bien souvent à travers un même conflit, on tentera les différentes attitudes,  jusqu'à trouver celle qui rencontre le mieux nos objectifs du moment : obtenir ce que l'on veut ou renforcer la relation. 

Ces attitudes peuvent être placée sur un graphique avec deux axes, l'axe de la relation celui de notre objectif. 



La collaboration, en plus de nécessiter du temps, demande le concours des deux parties, ce qui n'est pas toujours simple à obtenir. 

Le repli peut être nécessaire pour prendre du recul, éclaircir la situation et envisager les différentes possibilités, retrouver son calme et ainsi être dans de meilleures conditions pour rentrer à nouveau dans le conflit. 

L'accommodation finit par générer des frustrations s'il s'agit d'une attitude automatique et récurrente, ce qui au final peut gangrener une relation, alors qu'on cherche à la préserver. 

La compétition risque d'abîmer une relation, pourtant elle est parfois la seule option lorsque l'urgence ou l'importance de l'objectif la réclame. 

Enfin, le compromis est l'attitude la plus sensée quand obtenir un accord, même mauvais, est mieux que de rester bloqué dans une impasse. 

J'ai vraiment trouvé très utile cette grille d'analyse, justement pour nous pousser à adopter des attitudes autres que celles qu'on privilégie habituellement. Et c'est d'ailleurs très déstabilisant pour l'entourage, qui s'attend à une réponse identique. 

Mon fils de 4 ans s'est retrouvé tout à fait perdu quand j'ai lâcher prise dans l'accommodation, alors qu'il s'attendait à ce que je rentre dans une opposition farouche ... il s'est trouvé tellement déstabilisé qu'au final j'ai obtenu ce que je souhaitais mais sans bras de fer et sans éclats de voix. C'était grisant de sortir d'un reflex automatique, pour entrer dans un champ d'expérimentation. 

Ce sont les exercices de drill pendant la formation qui nous ont permis de reconditionner notre cerveau à cette forme d'analyse. Cette formation était vraiment concrète et le dosage entre la théorie et la pratique était parfait. 

J'ai aussi pu bénéficier de l'ambiance bienveillante du groupe, c'était un vrai cadeau, pour nous toutes. 

Pour terminer, la technique de l'intervision est une méthode dont je me souviendrai, la prochaine fois qu'un gros conflit, vraiment épineux se présentera à moi. 

Le deuxième module que j'ai suivi était une Introduction à la Communication non Violente. 

C'était également au module auquel je m'étais déjà inscrite, en étant obligée d'annuler au dernier moment. Là aussi, j'ai eu le privilège de faire partie d'un groupe profondément bienveillant, avec des formateurs formidables. 

Je m'intéressais à cette forme de communication depuis plusieurs années, donc la partie théorique n'avait que peu de secrets pour moi. Par contre, les échanges et les exercices étaient extrêmement profitables. Ils m'ont fait comprendre à quel point changer de façon de communiquer est un exercice qui demande de la concentration, et des tâtonnements, au début, quand on commence, on a besoin de faire ses gammes. 

Par bonheur, mon mari avait accepté de faire également ce module, 2 semaines avant moi, avec les mêmes formateurs. Cela nous a vraiment rapproché, aussi grâce au fait qu'en formation, il a pu dialogué avec une femme dont le parcours présentait de nombreuses similitudes avec le mien. 

J'engage toutes les personnes motivées pour avoir de meilleures relations dans leur vie à s'initier à la communication non violente, c'est un outil de connexion à soi et aux autres très puissant, qui pour moi, pourrait réellement réenchanter le monde, et bâtir une société pacifique. 


Marshall Rosemberg est décédé il y a déjà plusieurs années, cependant cet outil qu'il nous a laissé lui survivra, à nous tous de l'utiliser à bon escient. 



lundi 9 janvier 2017

Adopter une posture d'observateur pour tenir son ego en respect


J'ai découvert récemment un nouveau blog "Heureux dans sa vie" qui proposait un article qui m'a vivement intéressée : 

comment-prendre-conscience-de-son-ego-et-de-son-etre

Ce fameux mot "ego", je l'avais déjà rencontré à plusieurs reprises dans mes lectures, et je me demandais ce qu'il signifiait réellement. L'article de ce blog est assez détaillé à ce sujet. 

J'ai d'ailleurs aussi grandement apprécié un 2e article : 

3-habitudes-pour-etre-plus-heureux-au-quotidien

Je ne vais pas vous copier/coller le contenu de ces articles, vous irez les lire si ils vous intéressent. 

Je voulais surtout partager ce que j'en garde, ce qui a attiré mon attention. 

On a tous une petite voix intérieure qui malheureusement est plus souvent là pour nous "casser", nous décourager, nous juger, être dure avec nous, apparemment, c'est ça, notre ego, la part de nous qui a peur, qui rentre dans des colères noires, c'est en fait, notre part blessée et souffrante qu'on a refusé d'écouter, de soigner. 

Ca m'a vraiment fait penser à l'enfant intérieur dont parle Thich Nhat Hanh, peut-être que je me trompe. 

Pourtant, il donne des clés similaires à celles proposées dans ces articles : adopter une posture d'observateur : de nos pensées, de nos émotions, de nos ressentis, de nos actes, afin de prendre du recul et ainsi ne plus être dans la réaction automatique mais dans l'action consciente, adéquate, juste et motivée par la compassion et la bienveillance. 



La part souffrante en nous a besoin d'être reconnue et considérée, quand on se sent compris et accepté, réellement entendu, on souffre déjà moins. 

La question que je me pose aujourd'hui c'est pourquoi est-ce plus facile pour moi d'écouter, être en empathie, rassurer, soutenir mon enfant, plutôt que de m'offrir ces choses à moi-même ? 

Quand mon enfant est débordé par ses émotions, souvent (pas toujours) je trouve en moi la compassion et le calme nécessaire pour l'aider à traverser tristesse, douleur et colère et pourtant quand moi-même je suis débordée par mes émotions, je ressens viscéralement le besoin de quelqu'un d'autre que moi pour me rassurer, compatir ... et si je ne le trouve pas, je finis bien sûr par me calmer, mais en me sentant tellement vide, tellement seule et vulnérable ... 

C'est un mystère pour moi ... comment est-ce possible de donner à autrui ce qu'on ne parvient pas à se donner à soi-même ... si vous avez des pistes, je suis preneuse. 

Il est vrai que la maternité est un tel bouleversement, qu'elle nous donne parfois une force et une audace de faire pour nos enfants des choses dont on se croit incapable et qu'on ne ferait pas pour nous-même ... j'imagine qu'il y a là-dedans un genre d'instinct de préservation de l'espèce à travers notre progéniture, seulement à mon sens, il y plus que cela. 

Au final, plus les choses tournent dans ma tête en écrivant, plus j'en arrive encore à la même conclusion : j'aime mon fils plus que je m'aime moi-même, inconsciemment, à mes yeux il est plus digne que moi (il mérite plus que moi) de recevoir soutien et compassion. 
Et puis nécessité fait loi, si je ne lui apporte pas soutien et compassion pour traverser ses émotions désagréables, personne ne le fera, il en a un besoin vital, donc je donne, quitte à puiser profondément dans mes ressources, quitte à ce que cela finisse par m'épuiser, parce que je suis comme ça, formatée à essayer de combler les besoins des gens que j'aime ... dans l'espoir (inconscient) qu'ils me donnent l'amour dont j'ai moi aussi tant besoin et que je ne parviens pas à me donner à moi-même. 
Et les enfants ont cette générosité, cette spontanéité d'aimer leurs parents de façon inconditionnelle, du moins quand ils sont petits ! 
C'est une bonne chose, seulement ça ne règle pas mon problème, parce que mon fils, je l'élève pour qu'il soit autonome, épanoui et construise sa propre vie, pas pour qu'il soit une béquille dans la mienne. 



mercredi 16 novembre 2016

Le changement

Je pense que le changement, c'est quelque chose d'inévitable, je dirais presque un mal nécessaire. 

Sauf que non, le changement, ce n'est pas un mal, bien au contraire. 

Souvent, au premier abord, le changement fait peur, il y a cette plongée dans l'inconnu qui nous insécurise, qui nous sort de notre zone de confort ! Et pourtant, le changement nous révèle à nous-même, nous confronte à des idées différentes, à des rencontres, à des remises en question. 

Le changement nous oblige à développer de nouvelles aptitudes, à découvrir en nous de nouvelles ressources. 

Dans la nature c'est ainsi, rien ne se crée, ni ne se perd, tout se transforme. 

Je pense que pour nous c'est pareil, nos cellules se renouvellent, mais à l'identique ou presque, donc on change, très peu en réalité. 

L'idée pour nous ce n'est pas tellement de changer, mais plutôt d'évoluer, de devenir ...
La meilleure version de soi-même, j'aime beaucoup cette expression. 

Pour moi elle emporte l'idée d'une fine connaissance de soi, d'une bienveillance envers soi-même, et d'un profond désir de s'améliorer, d'aimer plus, d'aimer mieux, d'aimer plus concrètement et donc de semer du bonheur autour de soi. 

J'ai l'impression d'être à un carrefour de ma vie, dans une période pleine de changements. 

Et pour une fois, cela ne me fait pas peur, pas le moins du monde. 

Je sais que tout ne sera pas facile et rose. Je sais qu'il y aura des moments durs, décourageants. 



Je sais aussi que j'ai des ressources en moi, et surtout, j'ai enfin trouver ce truc "LE" truc, MON truc, cette activité qui fait que je me déconnecte des problèmes, je recharge mes batteries, je suis dans l'instant présent et uniquement là : dans un regard, un mouvement une musique : la danse !

En réalité, j'ai commencé les stages de danses que j'étais encore à l'école primaire, mais c'était réservé aux vacances, maman trouvait la prof "vulgaire" donc elle tolérait que je fasse un stage de temps en temps, pas que je sois inscrite pour toute l'année. 
J'étais trop jeune pour m'imposer. 

Plus tard, j'ai pris des cours de danse de salon, avec ma soeur : chacha, rumba, valse anglaise, tango, djive, ça nous plaisait bien, mais on était entourées de couples, on se sentait un peu comme des intruses. 

Et puis j'ai fait ma vie, j'ai rencontré un homme et je lui ai dit qu'on devrait faire ça ensemble, il m'a dit : oui plus tard ... 
Puis un bébé est arrivé, on était le nez dans le guidon, je n'y pensais plus ... 

Le bébé a grandi, j'ai senti à nouveau l'appel de la danse, et cette fois, il m'a suivi. 

Je venais pour la salsa, j'ai découvert la kizomba, pour lui ce fut un coup de foudre, pour moi, du moment qu'on dansait, à la limite peu importait quoi. 

Et puis j'ai découvert la bachata, et je me suis aussi mise à la salsa. 

Aujourd'hui, les cours que je prends sont les soleils de ma semaine, des moments privilégiés que j'attend avec impatience et que je ne manquerait pour rien au monde si cela ne dépendait que de moi ! 

Je pense que lorsqu'on trouve "LA" chose qui nous épanouit, on peut encaisser beaucoup plus facilement tous les changements qui se présentent à nous. On a une ancre, un repère, un refuge, et cela nous renforce pour affronter tout ce qui peut nous sembler difficile, angoissant ou terrorisant ! 

Si vous n'aviez qu'une seule chose à retenir de ce post, ce serait celle-ci : 

Avez-vous trouver VOTRE truc ? Cette chose qui vous épanouit et recharge vos batteries ?

Sinon, il est plus que temps de le chercher. 


mardi 2 août 2016

Comment l'acupuncture a sauvé notre mariage

Quand on a été élevée comme moi, en Occident, par des parents qui n'abusent pas des médecins et des antibiotiques, mais qui ne connaissent pas grand chose d'autre que l'allopathie et l'ostéopathie, ce qui est déjà pas mal ... on n'imagine pas comment l'énergie qui nous anime tous, peut changer notre vie. 

L'acupuncture est à la base, une médecine traditionnelle chinoise, qui fonctionne depuis des siècles de façon empirique. 

Pendant longtemps, l'Occident ne comprenait pas comment des effets étaient possibles. Aujourd'hui, elle est de plus en plus utilisée quand l'allopathie montre ses limites, maintenant, des études ont prouvé des effets sur des pathologies bien précises. Maintenant les méridiens sont étudiés et utilisés dans d'autres médecines alternatives. 

Si vous êtes comme moi, ignorants, vous ne savez pas que l'énergie sexuelle, mise à contribution pour concevoir, fabriquer, donner naissance, allaiter un enfant siège dans les reins. 

Après tout ce processus, toute mère voit son énergie des reins tout à fait déséquilibrée et en manque, ce qui cause parfois un déséquilibre avec l'énergie du foie. Au final, on se sent vidée, à cran, et la fertilité est au plus bas. 

Je suis encore dans cet état 3 ans et 9 mois après mon accouchement ... mon corps n'a pas trouvé le moyen de recharger mes batteries et de retrouver son équilibre seul. Certaines ont peut-être la chance que cela marche ... 

Mais moi je peux dire aujourd'hui que l'acupuncture a sauvé notre mariage, car mon vide d'énergie des reins avait pour effet que mon corps vampirisait l'énergie sexuelle de mon mari lors de nos rapports intimes, ce qui lui causait toutes sortes de symptômes physiques désagréables qui le poussaient à espacer nos rapports, à s'éloigner de moi, en conséquences de quoi je me sentais rejetée comme une ennemie, et donc toujours plus seule dans mon couple. 



Et dire que tout cela n'était qu'un manque d'énergie des reins ... 

Et pourtant j'ai vu un autre acupuncteur durant ma grossesse et même après, mais trop occupé à gérer 2 patients en même temps, pour moi, il n'a pas fait son travail à fond, il se contentait de traiter le problème dont je lui parlais, alors qu'il avait un outil diagnostique qui aurait du le pousser à me proposer des séances régulières pour rééquilibrer tout ça. 

J'ai souffert émotionnellement, je me suis vidée de toute joie de vivre à cause de sa négligence. 

 Bref, il parait que dans la vie, les choses arrivent quand on est prêt, peut-être, je ne comprendrais jamais vraiment la nécessité de souffrir. 
Sauf que Thich Nhat Hanh dit que la souffrance est notre maître. 

Ce qui est sûr c'est que le moment de mon burn-out a été pour moi une occasion de me reconnecter à moi-même, au sens que je veux donner à ma vie, et peut-être que plus tôt je n'aurai pas été prête à cela. Surtout que les praticiens qui s'occupent de moi aujourd'hui, sont compétents, et ils sont ici, là où j'ai déménagé juste avant qu'on ne diagnostique mon burn-out. 

Donc oui, dans la vie, il y a quelque chose, quelqu'un, qui guide nos choix dans les coulisses, pour que finalement, le soulagement vienne, pour que finalement, on trouve le chemin qui mène à notre accomplissement personnel. 

Ce break dans ma vie professionnelle est aussi l'occasion d'opérer une reconversion. Vu que je n'ai jamais pu obtenir le genre de poste que je souhaitais, il est peut-être temps de changer tout à fait mon fusil d'épaule. 

Certains disent qu'une maladie grave est une chance dans leur vie, je les comprends. Je me dis souvent et si ... alors j'aurais pu éviter de tomber si bas. Seulement avec "et si" on met Paris en bouteille. On ne peut pas changer le passé, on peut juste disposer pour l'avenir, rester connecter à soi, à ce qu'il y a de vivant, d'essentiel en nous et se promettre à soi-même de ne plus laisser les injonctions de la société, les tracasseries de la vie, les responsabilités familiales, nous en éloigner. 

Car je le répète, on ne peut prendre soin de personne au détriment de soi !!! 

Ces derniers mois, ma vie a donc beaucoup changé. 

Je vais mensuellement chez l'esthéticienne, je vais danser chaque semaine, je vais pédaler régulièrement, je bois des jus de légumes/fruits régulièrement, je médite souvent, je vois un psy pour moi, un autre pour notre couple, on s'accorde quelques jours juste à deux, pour se reposer vraiment, et on revient ainsi frais et disponibles à fond pour notre fils. A l'occasion je peins ou je colorie, je vais au cinéma, à des conférences. J'ai décidé de me lancer dans un certificat en gestion des conflits interpersonnels à l'université de Paix, et dans un cycle de formation à la méditation de pleine conscience. 

Bref, je mets enfin dans ma vie des ingrédients qui me nourrissent, qui me rechargent les batteries au lieu de les épuiser indéfiniment. 

Ce que j'espère aujourd'hui, c'est pouvoir transmettre tous ces bons outils à mon fils, et à qui veut, pour qu'autrui ne soit pas obligé, comme moi, de passer par la case burn-out !



mercredi 20 avril 2016

Prendre soin de soi - ce n'est pas de l'égoïsme, c'est nécessaire

Après le constat de burn-out, ce que votre médecin vous dit c'est : faites-vous plaisir ! 

Et c'est vrai que la première semaine, quand on a toute la journée pour soi car le mari travaille et le gamin est à l'école ... on trouve quelques petites idées pour se faire plaisir !

Moi je suis allée chez l'esthéticienne, j'ai fait les magasins, j'ai dessiné et colorié, je me suis baladée dans mon nouveau quartier, à la campagne ... 

Peu de temps après, je me suis dit que je devrais tenter d'analyser, de découvrir ce qui me nourrit vraiment profondément, durablement. 

Et bien ça, c'est pas gagné ! Le shopping bien sûr, cela n'apporte qu'un plaisir très éphémère et puis rare sont ceux qui peuvent dépenser sans compter, donc forcément, il faut trouver autre chose. 

Alors j'ai repensé au livre de Thich Nhat Hanh au sujet duquel j'ai fait un article sur ce blog, guérir l'enfant intérieur ... et j'ai repensé à la méditation de pleine conscience ou mindfulness. 

Et c'est vrai que cela, méditer, cela me fait du bien, cela m'apaise, me calme. Si on n'a pas l'occasion de rejoindre un groupe de formation en 8 semaines, on peut déjà trouver des méditations guidées sur youtube, ne serait-ce que pour prendre conscience de sa respiration ... 

Après, la démarche proposée dans le livre, Guérir son enfant intérieur, pour moi est bien plus profonde et elle demande un accompagnement, au moins un certains temps, car guérir son enfance, ce n'est pas une petite affaire, même quand on n'a pas vécu de "graves" traumatismes. 

Ce que j'aime dans les écrits de Thich Nhat Hanh, c'est qu'il nous réapprend à apprécier les miracles auxquels on s'est habitué : comme le fait de respirer, de voir, d'avoir un coeur qui fonctionne bien. 

J'y ai lu que les conditions du bonheur sont réunies dans l'ici et maintenant, quand on est pleinement ancré dans le présent. Bien souvent ce qui nous empêche d'être heureux c'est qu'on a des regrets pour le passé et des inquiétudes pour l'avenir. 

Quand notre énergie et notre attention ne sont pas pleinement dans l'acte qu'on pose, il y a des risques pour que cet acte n'atteigne pas son but, ne nous apporte pas ce qu'on en espère. 

Les enfants sont dans le présent, en ce sens, souvenons-nous des paroles d'un autre sage, Jésus, qui nous recommandait d'être comme des enfants, innocents bien sûr, mais peut-être aussi : présents, pleinement dans ce qu'ils font, capables de s'émerveiller de choses simples, joyeux, curieux et empathiques. 


Et puis ce que j'aime aussi dans la pleine conscience c'est qu'au bout d'un peu de pratique, elle peut faire partie de notre vie quotidienne, sans qu'on lui consacre de longs moments à elle seule. 

On peut marcher en pleine conscience, manger en pleine conscience, cuisiner en pleine conscience, travailler en pleine conscience, se laver en pleine conscience ... 

Notre vie, apparemment, prend alors une saveur différente, non pas parce que nos activités sont différentes, mais parce qu'on vit nos activités dans un autre état, un état où on savoure chaque instant présent, l'un après l'autre. 

L'autre point intéressant est que cette technique n'a rien de religieux, elle a été conçue pour aider à gérer le stress, donc elle peut-être pratiquée par tous, qu'on soit croyant, athée, agnostique ... 

Pratiquer quand on est calme et serein, nous aiderait à retrouver cette sérénité et ce recul, même dans les moments de stress, quand on fait face à une crise qui pourrait nous faire perdre notre self-contrôle.

J'ai lu exactement la même chose au sujet des enfants : c'est quand ils sont calmes qu'il faut leur apprendre à se calmer. 

En réalité qu'on soit adulte ou enfant, l'apprentissage suit la même logique.

Pour ma part, je vais essayer d'inclure une session de méditation guidée de 12 min matin et soir, pour commencer. J'aimerais prendre cette habitude et la garder. 

Et voici la vidéo que j'aime bien : 



Si vous avez d'autres idées, gratuites ou presque, qui vous aide à vous sentir nourri, apaisé, serein, plein d'énergie, ressourcés, j'attends vos suggestions avec impatience ! 

jeudi 17 mars 2016

Quand trop c'est trop

Le monde d'aujourd'hui demande beaucoup trop de nous. Il faut être sur tous les plans, et pas seulement y être, il faut être douée : comme mère, comme femme, comme employée ... 

Tout va toujours de plus en plus vite, on exige toujours plus de nous avec moins de moyens pour y arriver, plus d'obstacles, moins de soutien, moins de compréhension, moins de patience. 

Donc au bout d'un moment, trop c'est trop. 




Il parait que notre génération, la génération Y, est aussi la génération burn-out. 

Et ce n'est pas étonnant, nos parents nous ont permis et parfois poussé, à faire des études, à leur époque, c'était le sésame pour une vie toute tracée : 40 ans dans la même boîte à gravir les échelons années après années, avec le salaire qui augmente aussi. 

Aujourd'hui, si on a fait des études un peu trop longues, c'est plutôt un handicap sur le marché du travail. Et si on a un travail, il y a beaucoup de chance pour qu'on ne soit pas payé ce qu'on mérite, ou qu'on ait aucune sécurité d'emploi. L'ère d'aujourd'hui est une ère d'emplois précaires. On sait aujourd'hui qu'on fera plusieurs boîtes dans sa carrière, peut être aussi qu'on tentera une expérience en tant qu'entrepreneur. 

Parce qu'en dehors de la génération "burn-out", on est aussi la génération qui réfléchit à ses valeurs, on y est forcé car la planète est en danger, notre mode de vie nous rend malade. Ceux qui ne passent pas par la case "burn-out", prennent un jour une décision courageuse : ils changent de vie, ils décident souvent de gagner moins, pour avoir une vie qui a plus de sens, qui est plus en accord avec leurs valeurs. 

Voilà où on en est, prendre un jour un virage à 180° ou ne plus parvenir à faire face et avoir besoin de repos, de soutien, de joie de vivre. 

Voilà où j'en suis aujourd'hui, il n'y a que quelques jours, je me sentais vide, tellement vide, perdue, incompétente, épuisée, cassée, sans entrain, sans joie, sans espoir. 

J'ai vu un nouveau médecin, bienveillante et surtout perspicace, elle a mesuré l'ampleur de mon mal être, alors qu'elle me rencontrait pour la première fois. 

Parce que quand on va trop mal, un médecin qui vous conseille de ... ce n'est pas suffisant, il faut quelqu'un qui vous ouvre les yeux, vous donne des mesures pratiques et concrètes à prendre, et va vous suivre. 

Et finalement avoir pour seule mission de "se faire plaisir", "prendre soin de soi", c'est très agréable, la vie devrait être tout le temps comme ça. 

N'avoir le temps que de "gagner sa vie" et s'occuper de son fils, de sa maison, sans prendre le temps de s'occuper de soi, ce n'est pas une vie, c'est juste de la survie, et à force d'essayer de survivre, on finit par s'épuiser, car sans carburant, aucun moteur ne peut fonctionner très longtemps. 

Je voudrais travailler moins, et surtout je voudrais une activité professionnelle qui me nourrit au lieu de m'épuiser ! Et là, dans les circonstances actuelles, ce n'est pas gagné ! 

Je crois que moi-aussi j'ai besoin d'un virage à 180°, besoin de me trouver, trouver ce pourquoi je suis vraiment douée et qui m'épanouit. 
Gagner sa vie, ce n'est pas vivre, ça ne vous donne pas l'énergie de vous lever le matin ... 

Non il faut faire de sa vie quelque chose qui a du sens pour soi, qui est en accord avec ses valeurs profondes, et surtout, il faudrait pouvoir le faire au rythme qui nous convient, sans stress, sans horaires stricts, sans pressions ... 

Certains me diront que ce que je voudrais est un idéal inaccessible... je ne sais pas pourquoi, mais j'ai toujours été optimiste, je suis quelqu'un qui peut espérer longtemps, je crois que si l'espoir s'éteint complètement, ce n'est pas possible de continuer à avancer. 

Espérons, cherchons, prenons le temps de savourer, et nul doute que des jours plus doux sont à venir.